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Société

La vie privée de nos dirigeants est partout. Transparence nécessaire ou voyeurisme excessif ?


Rédigé par E. Moris le Samedi 13 Février 2021

La machine médiatique peut se mettre en marche. La peopolitique a envahi l'espace public. Car c’est la loi du genre désormais.



Depuis quelques années, la vie privée des personnalités politiques ne nous a jamais autant passionnés. Des frasques conjugales supposées du couple Jugnauth ou de Ramgoolam, celles plus discrètes de Bérenger, le nom des maîtresses des hommes politiques, impliquant des journalistes ou encore les enfants illégitimes sont connus de tous, alimentant spéculations populaires et rumeurs. 

La ligne jaune séparant vie privée et vie publique est de plus en plus floue

Certes, l’homme-ou la femme- politique est un être public par définition. Mais doit-on pour autant tout connaître de lui, du nom de son chien à celui de sa maîtresse, en passant par la couleur de son maillot de bain ? Un jeu dangereux auquel se prête parfois les hommes politiques dans les rubriques People.
Bien souvent la faute revient aux hommes politiques, qui faute de trouver d’autres arguments pour séduire les électeurs, mettent en scène leur vie privée, en essayant de retrouver une popularité. C'est ainsi que l'épouse du Premier ministre, Kobita Jugnauth n'hésite pas à "mouiller la chemise" en menant une campagne active sur le terrain pour le compte de son mari. Bien qu'elle n'accepte aucune critique sur les conflits d'intérêts impliquant ses proches, perçu comme un crime de lèse-majesté. 

Doit-il en conséquence être livré en pâture, mis à nu pour satisfaire nos plus vils instincts voyeuristes ?

En fait, l’exigence de transparence semble s’être transformée en un grand déballage, oeuvrant tantôt au profit, tantôt au détriment des politiques qui, à force de jouer avec le feu, connaissent parfois de douloureux retours de flamme.

La peopolisation est un outil de diversion qui tend à remplacer les vrais débats autour des questions de société. Une sorte d’opium du peuple. On raconte la vie des politiques comme dans un vaudeville. On parle mariage, divorce en masquant les problèmes réels. Si le phénomène n’est pas nouveau, la dernière campagne législative a cependant marqué un vrai tournant à Maurice, avec la politique de la "braguette ouverte" et l'obsession de Pravind Jugnauth sur la vie privée de son adversaire politique, Navin Ramgoolam.
 
Le citoyen a-t-il un droit de regard sur la vie privée des élus ?

La question se pose. Le citoyen n’a-t-il pas un droit de regard sur l’intimité des dirigeants lorsque ces derniers mènent une vie en totale incohérence avec les idées qu’ils défendent ? Evoquer la vie privée des hommes politiques est utile, mais seulement lorsque cela a des conséquences sur la sphère publique. Pour les journalistes, l’exigence de transparence est essentielle lorsqu’il y a conflit d’intérêt. Il faut pouvoir le dire en prenant toutefois des précautions déontologiques. La presse dite « sérieuse », en tout cas, n’a plus de complexes à marcher sur les plates-bandes des journaux people car c'est une réalité, la peopolitique fait vendre.





 

Samedi 13 Février 2021

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