Edito de Moris

La souffrance judiciaire

Dimanche 22 Juillet 2018

La souffrance judiciaire
Jean-Louis Guimberte, ce nom ne vous dira peut-être pas grand chose. Pourtant il en est à sa 7e marche de la "souffrance judiciaire" entre Bordeaux et Paris afin de sensibiliser la population aux souffrances causées par les erreurs et les dysfonctionnements de la justice.

À Maurice, le verdict du mercredi 18 juillet 2018 de la magistrate Gayan-Jaulimsing de la Cour intermédiaire a créé l'émoi et la stupéfaction dans tout le pays. 

Un mois de prison et Rs 120 000 d'amendes pour Dheeraj Takooree reconnu coupable de l'accident survenue le 10 mai 2012.                

L'affaire remonte à six ans. Jérôme Tennant un cycliste de 38 ans est percuté de plein fouet par un chauffard sous l'emprise de l'alcool (78 mg trois fois la limite autorisée) et un hit-and-run.

Le conducteur Dheeraj Takooree fera deux autres blessés. Philippe Colin, champion national cycliste et David Bathfield, un ancien international de football qui avait aussi porté les couleurs du Dodo Club dans les années 1970-80 et qui se retrouve aujourd’hui tétraplégique et condamné à une chaise roulante pour le restant de sa vie.

Une lettre ouverte a été largement partagée sur les réseaux sociaux écrite par Gérard Chasteau de Balyon, le beau-frère de David Bathfied qui fait suite au verdict de la Cour intermédiaire. Elle est adressée au Directeur des Poursuites Publiques (DPP) afin de l'interpeller sur les incohérences de notre système judiciaire.  

Ce cri du coeur a eu une résonance particulière auprès des mauriciens où les accidents de la route ne cessent de faire des victimes malgré des campagnes de sensibilisation et prévention et un durcissement de la loi.

La lettre adressée au Directeur des Poursuites Publiques, Me. Satyajit Boolell a pourtant un goût amer. 

Vandana Boolell, n’est nulle autre que la fille du DPP, Me. Satyajit Boolell. Sa voiture avait percuté un mur à Tamarin. Elle était seule et aurait perdu le contrôle de sa voiture. Le mur et le véhicule ont été endommagés.

Les officiers mandés sur les lieux ont effectué un alcooltest qui s’est révélé positif. Elle avait 79 milligrammes d’alcool dans le sang, soit plus de trois fois de la limite autorisée.

Environ trois heures après, le frère de Vandana Boolell est arrivé au poste de police où elle s’y trouvait. Les policiers l’ont autorisé à la ramener à son domicile, vu qu’elle était toujours dans un état de "choc" et que son frère a pris la "responsabilité" de la reconduire.

Cette situation si elle ne peut être assimilée au drame d'il y a six ans, peut nous interpeller. Un conducteur sous l'emprise de l'alcool, plus que la limite autorisée, doit faire l'objet d'une tolérance zéro ! 

Fils ou fille de tartempion ou monsieur ou madame untelle, la loi doit être juste et équitable pour tous. La vie humaine n'est pas comparable à un vol de letchis où la sentence semble plus sévère !

Dans les deux cas, le drame d'il y a six ans et l'accident de sa fille sous l'emprise de l'alcool au volant, le DPP, assume la responsabilité qui lui incombe d’aviser s’il doit y avoir des poursuites ou pas.

Affaire à suivre.

Rédigé par E. Moris le Dimanche 22 Juillet 2018

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