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Opinion

La liberté d'expression en danger à l'île Maurice avec le "Cybersecurity and Cybercrime Bil"


Rédigé par E. Moris le Dimanche 31 Octobre 2021



Cela fait un moment que le gouvernement voulait s’attaquer aux problèmes des commentaires haineux, diffamatoires et sectaires sur les réseaux sociaux. Mais en voulant régler un problème qui existe réellement, il pourrait faire d’une pierre deux coups. Il est en passe de régler de nouveau l’autre problème, qui l’intéresse davantage celui-là, c’est à dire des critiques anti-gouvernementaux sur les réseaux sociaux.

Rappelez-vous, le gouvernement avait avancé par étapes à travers son cheval de Troie, Me Dick Ng Sui Wa, le Part-time président de l’Information and Communication Technologies Authority. Dans un passé pas trop lointain, l’avocat, aujourd’hui accoquiné au gouvernement MSM, déplorait l’absence de pouvoirs de l’ICTA à enquêter et à poursuivre les auteurs de publications et commentaires sur les réseaux sociaux. Ils ont trouvé la formule. Ainsi, profitant du nombre de plaintes pour divers délit sur les réseaux sociaux (agacement, harcèlement, usurpation d’identité…), l’ICTA était venu avec un consultation paper en vue de mettre sur pied un cadre légal afin d’adresser le problème d’abus et de mauvaise utilisation des médias sociaux et plateformes digitales avec seulement 2 051 plaintes, avant de faire un rétropédalage face à la levée de boucliers venant de différents organismes internationaux pour le droit de la liberté d'expression.

Liberté d'expression à l'île Maurice : la dérive dangereuse de l'ICTA

Dick Ng Sui Wa veut mettre un bâillon aux rédactions de presse 

L'ICTA avait pris acte et semblait être consciente que le remède pourrait être difficile à faire avaler. Le gouvernement mauricien n'est pas un novice en matière de répression sur la liberté d'expression. Sous prétexte de réguler les dérapages sur les réseaux sociaux, il tente coûte que coûte et souvent au prix de la liberté d'expression, de protéger le gouvernement des critiques nourries par les internautes.

The Cybersecurity and Cybercrime Bill

Un nouveau projet de loi qui inquiète. « Ce que le gouvernement n’a pas réussi à faire avec l’Icta, il l’a inclus dans cette loi. Les abus que nous avions dénoncés à l’époque vont devenir légaux », a déclaré à juste titre le leader du Reform Party, Roshi Bhadain en conférence de presse hier, samedi.

L’objectif du gouvernement avec ce projet de loi est de contrôler les réseaux sociaux et dont plusieurs aspects sont anticonstitutionnels et bafouent allégrement les droits des Mauriciens. Cette fois-ci, outre les termes « annoyance » et « anxiety », il y a une série d’autres mots qui ont été rajoutés.  développement. « C’est ratisser très large. Cette loi est un fourre-tout », a-t-il déclaré. Désormais la création d’un faux profil peut mener jusqu’à 20 ans de prison et un million de roupies d’amende. Ce projet de loi représente un danger pour les médias, où tout contenu, articles ou commentaires, indésirable en ligne constituera un délit en l’absence de modération. 

Dimanche 31 Octobre 2021