Société

La campagne écologique prêtée au pape François franchit les frontières

Mercredi 11 Septembre 2019

La campagne écologique qui a fait polémique à quelques jours de l'arrivée du pape François le 9 septembre a pris le chemin international.


Le vicaire-général Jean-Maurice Labour lors de sa conférence de presse, entouré de Pascal Laroulette, Sebastien Rousset et Malenn Oodiah de 'Projet de Société'
Le vicaire-général Jean-Maurice Labour lors de sa conférence de presse, entouré de Pascal Laroulette, Sebastien Rousset et Malenn Oodiah de 'Projet de Société'
La venue du pape est considérée comme un événement médiatique majeur dans l'histoire du pays mais aussi au niveau international. Si le pape François n'a pas été particulièrement "tendre" dans son discours à la State House  lors de sa courte visite à l'île Maurice, la presse étrangère n'a pas non plus fait dans la dentelle.

«Le pape a dit…» Ce message qui fait suite à une campagne de sensibilisation (médias et billboards) mise en place par le diocèse de Port-Louis qui s’est associé au Collectif Citoyen Maurice Environnement sur la protection de l’environnement ont été jugées offensantes et de mauvais goût selon les internautes sur les réseaux sociaux, qui réclamaient ni plus ni moins, que les affiches soient enlevées dans les plus brefs délais.

Ce projet accordé initialement à « Projet de Société » par l'évêché à l’organisation de Malenn Oodiah, qui est dans un mélange des genres entre consultant en communication du groupe Beachcomber et la sauvegarde de l'environnement. L'homme s’est fait une réputation dans les médias en tant "qu'observateur politique", s'invitant dans les colonnes de la presse ou plateaux radios de façon excessive et omniprésente. Un pied dans la presse, l'autre auprès de l'oligarchie de l'île, sans compter son passé politique. Dans cette aventure écologique, Pascal Laroulette, qui s'est illustré en grimpant les montagnes de l'île.

La réaction et l'indignation des mauriciens ont poussé le diocèse de Port-Louis à arrêter la campagne.

Le père Jean-Maurice Labour, vicaire général et responsable de la communication du diocèse de Port-Louis, a fait machine arrière. Il a présenté au public les excuses du diocèse et regrette que "quelques sensibilités soient heurtées" dans un communiqué.

Si l'article "Ile Maurice : un message prêté au pape François fait polémique" signé Yasine Mohabuth pour BBC Afrique continue d'alimenter la Toile relayé par les journaux africains, le journal en ligne Indocile nous révèle les dessous de cette affaire : "Visite papale: la piété à la poubelle?".

C'est ainsi que nous apprenons que l'agence Blast Communications et le même collectif impliqués dans cette campagne sur la crise écologique et qui a déclenché une "tempête numérique sur les réseaux sociaux" sont dans la récidive. 

« Notre pays est gravement malade mais il y a de l’espoir. Le soigner, c’est changer ! »

En juillet 2013, apprend-t-on, une campagne de ce fameux collectif avait déjà suscité la controverse. Intitulée « Gérizon komans par twa », elle avait été lancée par les mêmes personnes :  Sébastien Rousset, le patron de FlowerAd, société d’affichage disposant d’un vaste réseau de billboards, Edwige Gufflet, la directrice de l’Aventure du Sucre, musée du groupe Terra consacré à l’histoire du sucre à Maurice, Aisha Allee-Mosaheb, la patronne de Blast Communications qui formule les messages de nombreuses entités de l’oligarchie mauricienne, dont le groupe Terra et, Cyril Mayer, le patron de Terra, lui-même.

Comme quoi entre opportunisme de l'oligarchie et généreux donateur du secteur privé, la communication est une affaire des gros sous qui peut être à double tranchant. Bien communiquer est un art, les mauriciens sont des experts en la matière. 

Rédigé par E. Moris le Mercredi 11 Septembre 2019

Nouveau commentaire :

Règles communautaires

Nous rappelons qu’aucun commentaire profane, raciste, sexiste, homophobe, obscène, relatif à l’intolérance religieuse, à la haine ou comportant des propos incendiaires ne sera toléré. Le droit à la liberté d’expression est important, mais il doit être exercé dans les limites légales de la discussion. Tout commentaire qui ne respecte pas ces critères sera supprimé sans préavis.