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Société

La boîte noire du Wakashio ne révèle aucun appel entrant de la NCG : tempête sur la police mais aussi le Premier ministre


Rédigé par E. Moris le Mercredi 7 Octobre 2020



C’est un cyclone qui s’est abattu sur la police depuis que l’inspecteur Ramdhony, du Central CID, a témoigné mardi lors de l’audience axée sur la remise en liberté du capitaine du Wakashio, Sunil Kumar Nandeshwar. Il a déclaré que le Voyage Data Recorder du MV Wakashio, soit la boîte noire, a livré ses secrets. Et que parmi ceux-là, aucun appel n’a été enregistré en provenance de la National Coast Guard avant et après l’échouage du vraquier sur les récifs de Pointe d’Esny le 25 juillet 2010. 

Une simple phrase qui a eu l’effet d’une bombe. Car à l’Assemblée nationale, le Premier ministre en personne avait déclaré que des gardes-côtes avaient tenté à plusieurs reprises d’entrer en contact avec le vraquier. Mais celui-ci n’a répondu qu’après l’échouage. Est-ce que le Premier ministre aurait induit le Parlement en erreur ? Aurait-il menti à la population ? A-t-il, lui-même, été induit en erreur par la police, car soulignons que d’après le système parlementaire, un ministre en répondant à l’Assemblée nationale précise qu’il communique les informations qui lui ont été données par l’autorité ou l’organisme concerné ? 

 

C’est tout cela qui pourrait être sous-entendu avec la simple phrase de l’inspecteur Ramdhony en cour. Depuis que ces informations ont été publiées, c’est la panique à la tête de l’État, mais aussi à la tête de la police.

Ainsi, pour sauver les meubles et surtout éteindre l’incendie, c’est l'assistant surintendant de police Roshan Kokil, du Central CID, qui a été chargé de tenir une conférence de presse ce mercredi. Soit de jouer aux pompiers ! 

Déjà, il a confirmé ce que l’inspecteur Ramdhony a déclaré en cour. Donc, il est clair qu’aucun appel n’a été enregistré par le Voyage Data Recorder. Toutefois, l’ASP Kokil a insisté sur le fait que les témoignages des gardes-côtes de Pointe-du-Diable sur le fait qu’il y a eu plusieurs appels passés au Wakashio. Il a souligné qu’il y a un registre à cet effet et que les entrées sont consignées à chaque tentative d’entrer en communication. Ce registre a d’ailleurs été saisi par le Central CID. 

Pour l’ASP Kokil plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi la boîte noire n’a enregistré aucun appel des gardes-côtes entre 18h15 et 20h10. L’une d’elles est que le système VHF du Wakashio, qu’utilisent le navire et la NCG, était éteint. La deuxième, selon l’ASP Kokil, est que le vraquier et la NCG n’utilisaient pas la même fréquence. Enfin, il se peut aussi que l’antenne était déconnectée ou que le volume était baissé.

Il faut savoir que, d’après la boîte noire, la première communication entre le Wakashio et un organisme local a eu lieu à 20h10 et c’était le poste des gardes-côtes de Blue Bay. Pour l’ASP Kokil, l’enquête pour l’instant n’indique aucune défaillance de la part de la National Coast Guard mais s’oriente vers la négligence de la part du capitaine du Wakashio. D’ailleurs, le rapport du CCID est sur le point d’être finalisé. 

 

Le capitaine avait bu

En cour, lors des débats sur la motion de remise en liberté du capitaine du Wakashio, l’inspecteur Ramdhony a confirmé que le jour du naufrage, il y avait une fête d’anniversaire sur le Wakashio. Elle a commencé vers 17 heures et le capitaine Sunil Kumar Nandeshwar a consommé de l’alcool. Selon les membres d’équipage, à 18 heures, il était toujours en train de boire. 

L’inspecteur Ramdhony a aussi souligné que deux heures et demie avant le naufrage, c’était le Chief Officer Hitihamillage Subodha Janendra Tilakaratna qui était aux commandes du vraquier. S’il a été fréquemment en communication avec le capitaine Nandeshwar, leurs conversations laissent entendre, a souligné l’inspecteur, que c’était la recherche d’un réseau mobile qui était leur principale préoccupation. 

Toujours selon l’inspecteur, la boîte noire a révélé qu’alors que le MV Wakashio se trouvait à 11 miles nautiques, le capitaine a donné l’ordre à son second de poursuivre sur leur trajectoire tant qu’aucun réseau mobile ne sera trouvé. 

« Je ne suis pas un criminel »

Pour justifier l’objection de la police, le représentant du directeur des poursuites publiques a indiqué que Sunil Kumar Nandeshwar pourrait entrer en contact avec d’autres témoins ou alors quitter le pays s’il était remis en liberté. Le capitaine a alors répliqué qu’il n’est pas un criminel et qu’il veut prouver qu’il s’agissait d’un accident. Ila aussi insisté qu’il veut laver son honneur.

Rappelons que les débats sur la remise en liberté sous caution du capitaine Nandeshwar ont pris fin et le magistrat Neeshal Jugnauth a mis sa décision en délibéré. Ce sera le 20 octobre que le capitaine du Wakashio saura s’il sera libéré sous caution.

Mercredi 7 Octobre 2020

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