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International

La Banque africaine de développement lance une enquête indépendante sur son président


Rédigé par E. Moris le Samedi 20 Juin 2020

Une firme épinglée par la Banque africaine de développement pour mauvaises pratiques et c’est la tempête à Maurice sur le Central Electricity Board et le ministère des Services publics de Collendavelloo.



Tout commence par un rapport de la BAD critique envers Burmeister & Wain Scandinavian Contractor, firme danoise, avec des allégations de pots-de-vins de Rs 700 millions.

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui a offert toute sa confiance à un Ivan Collendavelloo qui dit ne rien avoir à se reprocher, a tout de même révoqué le conseil d'administration du CEB avec effet immédiat, pour le remplacer cette fois-ci par ses propres conseillers.

Le pire reste à venir dans cette affaire qui prend une envergure internationale. 

Véritable camouflet, la Banque Africaine de Développement (BAD) ne ferait pas confiance à la Commission anticorruption mauricienne. Du moins pas suffisamment pour lui remettre une copie de son rapport d’enquête sur les pratiques de corruption alléguées concernant le contrat de la Centrale St Louis.

Cette nouvelle aura de quoi réjouir les détracteurs de la BAD, mais en réalité, elle risque d'ouvrir la boîte de Pandore.

Réclamée par Washington, deuxième actionnaire de la BAD, une enquête indépendante est réclamée le 4 juin dernier, pour faire la lumière sur les accusations de prévarication contre son président, le Nigérian Akinwumi Adesina, seul candidat à sa réélection fin août pour un nouveau mandat, mais dont la position apparaît de plus en plus fragilisée.

Akinwumi Adesina, 60 ans, élu en 2015 à la tête de la BAD, l'une des cinq principales banques multilatérales de développement au monde, fait l'objet depuis le début de l'année d'une série d'accusations embarrassantes, divulguées dans la presse en avril.

Dans un rapport détaillé, les lanceurs d'alerte lui reprochent son favoritisme dans de nombreuses nominations de hauts responsables, en particulier de compatriotes nigérians, d'avoir nommé ou promu des personnes soupçonnées ou reconnues coupables de fraude ou de corruption, ou encore de leur avoir accordé de confortables indemnités de départ sans les sanctionner. Des accusations réfutées en bloc par l'ancien ministre de l'Agriculture et premier Nigérian à diriger la BAD depuis sa création en 1964, qui a clamé à plusieurs reprises son « innocence ».

Washington fait monter la pression

Alors que sa réélection semblait assurée il y a six mois, avec le soutien de l'Union africaine et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, et à la suite d'une augmentation de capital géante de 115 milliards de dollars acceptée en octobre 2019, Akinwumi Adesina ne compte pas se laisser évincer en cherchant tous les soutiens possibles...

Notons que la BAD compte 80 pays actionnaires (54 pays africains et 26 non africains, d'Europe, d'Amérique et d'Asie). Elle est la seule institution africaine cotée triple A par les agences de notation financière.

Rappelons tout de même que la Banque Africaine de Développement, par le biais de son conseil d’administration, a offert 188 millions d'euros, soit Rs 8,3 milliards de prêts le 22 mai dernier, au gouvernement mauricien, pour financer le programme d’appui budgétaire face à la pandémie du Covid-19.

Source : AFP


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