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International

L'offshore mauricien au coeur d'un scandale sanitaire au Royaume-Uni


Rédigé par E. Moris le Dimanche 5 Juillet 2020

Le coronavirus a fait naître une nouvelle tendance, le juteux business des masques de protection respiratoire, des solutions hydroalcooliques, des kits tests et des médicaments antiviraux.



Après avoir été pendant près de trois mois le premier ministre des ratés et des mauvaises nouvelles, le Premier ministre britannique Boris Johnson espérait enfin redevenir celui des bonnes nouvelles. Et clore un épisode à la fois dramatique pour les Britanniques (43 000 morts officielles dues au Covid-19) et désastreux pour sa popularité. Mardi 23 juin, il a annoncé la levée quasi totale du confinement en Angleterre à partir du 4 juillet.

Malheureusement, l'épidémie de coronavirus et la propagation rapide du virus ont poussé de nombreux gouvernements à se battre dans "l'urgence" pour des ventilateurs, des EPI et des kits de test. Dans la panique, certains ont vu une opportunité de profit.

Une enquête de ZimLive sur une compagnie du Zimbabwe, Drax Consult SAGL, soupçonnée de blanchiment d'argen t, a rapidement révélé que ce gouvernement avait enfreint ses propres règles en matière de passation de marchés pour donner à l'entreprise le contrat de Rs 80 millions versés dans un compte en Hongrie dont Rs 40 millions qui devaient être versés dans l’offshore mauricien.

Les enquêtes internationales accablent l'offshore mauricien.

Après les Paradise Papers publiés en novembre 2017 et les Mauritius Leaks, l'’île Maurice, plus connue comme une belle destination pour touristes que comme un paradis fiscal, offrirait une plateforme permettant aux multinationales de payer le moins d’impôts là où elles réalisent leurs bénéfices. Ce sont ainsi des milliards qui échappent au fisc de divers pays pour atterrir sur des comptes ouverts dans l’île.

Après avoir révélé deux contrats de 108 millions de livres sterling conclus par le gouvernement pour des équipements de protection individuelle (EPI), Jolyon Maughan QC semble en avoir découvert deux autres.

Tous ces contrats, d'une valeur totale de près d'un demi-milliard de livres, semblent avoir été placés au plus fort de la pandémie de coronavirus et auraient été attribués à un seul soumissionnaire dans chaque cas, qui n'ont rien à voir avec l'industrie médicale, sans appel d'offres.

Maughan avait dévoilé pour la première fois un contrat de 108 millions de livres sterling placé auprès de Crisp Websites , sous le nom de  Pestfix Ltd, qui n'avait à l'époque que 18 047 livres sterling. Ils étaient le seul soumissionnaire. Clandeboye Agencies Ltd, un grossiste de sucre, de chocolat et de confiserie dans le comté d'Antrim, avait obtenu un contrat étrangement similaire de 108 M £ pour les EPI avec un actif net de 291000 £.

Ayanda Capital Ltd est une entreprise beaucoup plus grande que les autres, avec un actif net de près de 1,9 million de livres sterling l'an dernier. Selon Maughan, Ayanda appartient à la famille Horlick par le biais d'une entité basée à Maurice, «l'un des pires paradis fiscaux au monde».

Le site Web de la société indique qu'il s'agit d'un Family Office basé à Londres, axé sur une vaste stratégie d'investissement spécialisée dans le trading de devises, l'immobilier offshore, le private equity et le financement du commerce.

Maughan met en évidence un lien entre Ayanda et un homme appelé Andrew Mills qui, bien que n'étant pas un dirigeant de la société, est néanmoins un conseiller principal du conseil d'administration selon son profil Linked-in. Il prétend également être un conseiller du ministère du Commerce, où Liz Truss est secrétaire d'État et membre du cabinet.

L'île Maurice sur la liste noire de l'UE pour blanchiment d’argent et financement du terrorisme.

Un aspect inconnu de toute cette saga est de savoir comment les paiements ont été effectués, à qui et quand. Les contrats internationaux nécessitant des acomptes importants, même pour démarrer le travail. Et avant expédition, le vendeur devrait avoir reçu environ 90% de la valeur du contrat sur son propre compte bancaire; le paiement final étant effectué à réception de la marchandise.
 




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