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Société

L'indice ENACT classe Maurice en tête du commerce de drogues synthétiques (SADC) et dans le top 10 de l’Afrique


Rédigé par E. Moris le Mardi 16 Février 2021

Le crime Index Africa à été lancé le 24 septembre 2019. L'indice ENACT de la criminalité organisée est un outil innovant conçu pour mesurer les niveaux de criminalité organisée dans 54 pays africains et évaluer leur résilience face aux activités criminelles organisées.



L'indice ENACT classe Maurice en tête du commerce de drogues synthétiques (SADC) et dans le top 10 de  l’Afrique
L’indice ENACT du crime organisé en Afrique classe l’île Maurice en tête dans le commerce des drogues synthétiques dans la région de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et parmi les 10 premiers pays du continent africain.

Les ingrédients bon marché et accessibles font des drogues synthétiques la substance illégale préférée des Mauriciens. Depuis des décennies, l’île Maurice est une destination populaire pour les trafiquants de drogues traditionnelles telles que l’héroïne et le cannabis. 

Augmentation des drogues synthétiques

Chaque année depuis 2015, le nombre de personnes arrêtées en relation avec les drogues synthétiques a doublé, avec 1 059 personnes en 2018. Par ailleurs, une importante hausse des cas de toxicomanie en milieu hospitalier a été enregistrée dans les établissements de santé publique, les derniers chiffres indiquant que 44% des cas d’abus de drogues en 2017 étaient liés à de nouvelles substances psychoactives (NSP).

Les drogues synthétiques sont fabriquées dans des laboratoires qui utilisent des produits chimiques pour imiter d’autres stupéfiants ou hallucinogènes traditionnels tels que la marijuana, la cocaïne, l’ecstasy, le LSD, les stimulants de type amphétamines et même la morphine. Les NSP sont la forme prédominante des drogues synthétiques utilisées à l’île Maurice. 

L'histoire des drogues dans le pays 

L’abus de drogues à l’île Maurice remonte aux années 1970 lorsque l’héroïne y a été introduite pour la première fois. Depuis lors, le problème a atteint des niveaux alarmants. Le rapport mondial sur les drogues de 2010 a révélé que l’île Maurice avait la plus forte prévalence de consommation d’opiacés en Afrique.

Il existe des programmes de prévention et de sensibilisation sur les drogues

Le gouvernement a mis en place diverses initiatives et programmes de lutte contre l’abus des drogues, notamment des stratégies de réduction des risques dans les documents de politiques nationales, des programmes d’échange d’aiguilles et de seringues, des traitements de substitution aux opiacés et des programmes de sensibilisation aux drogues.

Le changement d’approche a connu un certain succès, notamment en ce qui concerne la réduction de la consommation de cannabis et d’opiacés traditionnels comme l’héroïne. Cependant, l’ampleur du problème des NSP s’intensifie. Le faible prix et la disponibilité des ingrédients, associés à un plus grand accès aux acheteurs grâce à une technologie de pointe, permettent aux trafiquants de garder une longueur d’avance sur les forces de l’ordre. 

L’ancien procureur général et ministre de la Justice, Rama Valayden, a déclaré qu’ « il n y a aucun moyen de gagner la lutte contre les drogues synthétiques », en faisant remarquer que les producteurs de drogues remplaçaient les composés de la drogue tellement rapidement que les forces de l’ordre ne pouvaient les détecter.

Les systèmes des nouvelles substances psychoactives ont conduit à une forme de « démocratisation » de l’économie de la drogue – elle est ouverte à tous.

Une commission d’enquête avait ainsi été créée en 2015 et faire rapport sur tous les aspects du trafic de drogue à l’île Maurice. Le rapport de la commission, publié en 2018, a formulé plus de 400 recommandations au gouvernement, qui a mis en œuvre certains et en a évalué d’autres. L’une des recommandations mise en œuvre concernait la création de l’Observatoire national des drogues, dont les principaux objectifs sont de surveiller la consommation de drogues illicites, l’abus de drogues et le trafic de drogues dans le pays.

Source : Richard Chelin, chercheur, projet ENACT, ISS





 



Mardi 16 Février 2021

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