La Mauricienne

L'île Maurice au bord de l'asphyxie

Mardi 18 Décembre 2018

Si on suit la logique du gouvernement, il faudra bientôt expulser les mauriciens pour créer de l'espace pour les touristes. Après avoir eu la chouette idée de (re)dessiner toute l'île en créant des guettos pour riches retraités et milliardaires étrangers sous l'appellation très smart de " Smart cities" dit villes intelligentes. On se retrouve comme dans un dangereux jeu de Sim City, addictif et hors de contrôle.


L'île Maurice attire chaque année près d'1,5 million de visiteurs. Mais, comme dans tous les grands sites touristiques, cette affluence a des conséquences sur l'environnement. Et une partie de la population commence à protester.

Cocotiers, soleil et eau chaude, à quoi ressemble donc l’envers du décors ?

Entre les centres commerciaux fantômes qui champignonnent et dont les méchantes langues ou langues avisées disent qu'ils servent au blanchiment d'argent, les IRS, RES, PDS, IHS...L'île ne cesse de bétonner et perd ainsi tout son cachet.  

Gaetan Siew et quelques compères assis dans de nombreux boards où on est grassement payés à réfléchir, ont (re)dessiné et gribouillé toute l'île à coups de crayons de couleur. L'idée folle est d'introduire des projets immobiliers qui se font à l'étranger pour les implanter à Maurice.  

Dans une certaine fatalité et laxisme, le littoral de l'île et les côtes mauriciennes ont été habitées, puis grignotées entre plages privées, îlots privés et projet hôteliers ou immobiliers.   

120 km de sable fin sur une ligne côtière totale de 320 km constituait le potentiel paradisiaque de la belle île tropicale. Cette histoire finit mal puisque « le million d’habitants qui aiment la mer, les filaos et le bruit du vent » n’avait plus à partir de 2003 que 26 kilomètres pour ses journées de détente et de rêverie, ses pique-niques en famille et jeux de plage.  

L'occupation voire l’appropriation continuent avec des projets plus ou moins autorisés et une politique de redistribution à une seule et même poignée de famille qui détiennent l'économie du pays entre leurs mains depuis l'Indépendance.  

La liste des projets sous l’égide du Board of Investment (BoI), est que le nombre de villas, bungalows, appartements, duplexes, ‘penthouses’, pavillons, qui devraient émerger de nos terres dans quelques années, se situe au-delà de 4 640 unités.   

La BoI c'est cet organisme dont la signature vaut de l'or. Gérard Sanspeur, un camarade de jeu et complice de Gaetan Siew a sévit durant une longue période. Ce proche, très proche de la famille Ramdanee, belle-famille de Pravind Jugnauth qui ont eux aussi, le hasard fait bien les choses, des complexes hôteliers à travers l'île.   

Dans ce contexte de copinages, Maurice a introduit plusieurs dispositifs, au fil des années, pour attirer les investisseurs et professionnels étrangers. 

Le paysage immobilier a vu l’émergence de nouveaux projets IRS et RES comme Azuri IRS, La Balise Marina ou encore Le Domaine des Alizées. Exclusivement pour les étrangers vu les prix pratiqués en terme d'investissement. Il y a certes des milliardaires mauriciens, mais les unités, sous l’IRS, sont vendues à un prix dépassant les USD 500 000. Soit plus de 20 millions de roupies.   

Dans la foulée et dans cette démesure, Hector Espitalier-Noël, Chief Executive Officer du groupe ENL dévoile un investissement de Rs 25 milliards sur les dix prochaines années pour son Moka Smart City. Moka cœur de l'île, circonscription du petit Pravind et invité d’honneur de l’événement. Moka devenue au fil des années la version aseptisée d'une banlieue chic des quartiers résidentiels de la middle class mauricienne.

Un énième développement pour la classe aisée. Si on nous vend à l'envie les créations d'emplois, ils oublient d'annoncer que ces emplois générés sont principalement d'aides ménagères, d'entretien et de gardiennage, chauffeurs. Une des raisons pour laquelle, peut-être, il y a une telle désillusion chez la jeunesse mauricienne dont le taux de chômage ne cesse de grimper et qui faute de "rêve mauricien" préfèrent vivre l'aventure à l'étranger.

A souligner que la diaspora mauricienne de plus en plus importante n'est pas prête de revenir. Peut-être dans les vieux jours...dans les maisons de retraite de Tamarin ou à Moka ! Du sur mesure version grand luxe pour les personnes âgées. 

En créant et creusant ces inégalités de classes, certains mauriciens se réfugient dans la drogue et d'autres dans la délinquance. Les faits divers reflètent l'état d'esprit du pays. Le taux de criminalité est en recrudescence.   

Malgré les alertes répétées du collectif Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) et diverses associations de la protection du patrimoine. Rien n'y fait !

Faut-il rappeler que Maurice n’est qu’un pays parmi 196 pays dans le monde où la majorité d’entre eux ne possèdent pas un secteur touristique comme pilier de leur économie.   
 

Rédigé par La Mauricienne le Mardi 18 Décembre 2018


1.Posté par Réunion, pute des départements d'outre-mer le 20/12/2018 14:33
Il faut venir à La Réunion les amis. Chez nous, péna problème logements, péna problème lorzan : la CAF, RSA, etc. toutes qualité l'aides, gouvernement français fine faire cadeau zote. Alorce, mo bann frères, mo telman content et mo conseille zote vine ici bénéficier tout çà gratuitement... !

2.Posté par Didier R le 21/12/2018 13:19
Faires comme les sri-lankais, venez à la Réunion.

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