Edito de Moris

Keep calm and recycle rubbish

Dimanche 16 Septembre 2018

"Nous souffrirons tous, les riches comme les pauvres, les puissants comme les faibles, des effets du changement climatique et de la destruction de l'écosystème. Et nous sommes en train de vivre ce qui va devenir la plus importante crise morale de notre époque: les moins responsables auront à subir les pires conséquences." Harrison Ford, au Global Climate Action Summit à San Francisco.


La journée du Patrimoine s'est déroulée le 15 septembre et sans surprise dans l'indifférence générale. Alors qu'en France dans un sursaut patriotique, la sauvegarde du patrimoine a mobilisé dans toutes les régions, grâce à un astucieux jeu de grattage "Mission patrimoine".

A Maurice, aucune initiative n'a été prise pour ouvrir les portes des bâtiments publics et l'importance d'une campagne de sensibilisation afin de préserver notre héritage et notre patrimoine en péril. 

Après avoir eu la chouette idée de dessiner toute l'île en créant des guettos pour riches retraités et milliardaires étrangers sous l'appellation très smart de " Smart cities" dit villes intelligentes. On se retrouve comme dans un dangereux jeu de Sim City, addictif et hors de contrôle. 

Pour se donner une bonne conscience spirituelle face à ce pillage de terres et de plages, on préfère construire un énième temple, minaret ou autre lieu de culte. Tout comme transformer une région en un vaste parc d'attractions spirituel avec des statuts les unes plus grandes que l'autre. A croire que les divinités nous protégerons de nos bêtises à détruire la nature.

L'île ne cesse de bétonner et perd ainsi tout son cachet d'une île paradisiaque. Gaetan Siew et quelques compères assis dans de nombreux boards, où on est grassement payés à réfléchir, ont gribouillé toute l'île à coups de crayons de couleur. Le smart Siew avait annoncé la création de 30 000 emplois dans sa Smart City de Highlands. 

Soyons magnanimes...make it 60 000. Après tout, ce genre de délire n'engage que ceux qui y croient. Dans deux ans plus personne ne se souviendra de ça. C'est un peu comme les promesses électorales ou la flamme des amoureux avant le mariage. On se force à y croire pour le meilleur ... jusqu'au pire. 

Dans une certaine fatalité et laxisme, le littoral de l'île et les côtes mauriciennes ont été habitées, puis grignotées entre plages privées, îlots privés et projet hôteliers ou immobiliers.   
120 km de sable fin sur une ligne côtière totale de 320 km constituait le potentiel paradisiaque de la belle île tropicale. Cette histoire finit mal puisque « le million d’habitants qui aiment la mer, les filaos et le bruit du vent » n’avait plus à partir de 2003 que 26 kilomètres pour ses journées de détente et de rêverie, ses pique-niques en famille et jeux de plage

Une partie de la population commence à protester. Ces voix se font de plus en plus fortes.
« Notre océan n’est pas à vendre », « notre île n’est pas à vendre »
Des militants écologistes ont pris position en tant qu’individus et se sont regroupés en un collectif, « La voix l’océan indien », en organisant une manifestation au Jardin de la Compagnie le jeudi 13 septembre. Au sein de ce collectif, on retrouve des pêcheurs de Maurice et de Rodrigues, ainsi que des représentants de CARES, Aret Kokin nous Laplaz et la Sea Users’ Association. Ils s’opposent aux contrats de pêche alloués aux étrangers. 

Des syndicalistes et d’anciens politiciens sont aussi venus prêter main forte à ce collectif, très loin des salons feutrés et des conférences de presse de certains leaders politiques ou députés, totalement déconnectés des préoccupations citoyennes. Leur seule priorité étant une élection ou réélection pour rester au pouvoir.

Pour autant, ce week-end, des centaines de mauriciens se sont mobilisés à travers l'île à l'occasion de la World CleanUp Day. Chacun a pris de son temps pour nettoyer les gestes d'incivilité des autres. Cette prise de conscience sur le plan national mais aussi planétaire démontre l'urgence de la situation. Il faut des actions concrètes sur le terrain, l'heure n'est plus aux bavardages.

Vivre sur une île c'est un luxe, un rêve, une choix et un art de vivre. Il faut à tout prix un sursaut pour préserver notre écosystème et notre richesse culturelle. Il en va de la responsabilité de tous. Sinon c'est quitte ou double. 



 


Rédigé par E. Moris le Dimanche 16 Septembre 2018

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