Culture

[Histoire] Anjalay Coopen femme et militante hautement symbolique

Vendredi 28 Septembre 2018

Jeudi 27 septembre, une cérémonie de dépôt de gerbes a eu lieu en l’honneur d’Anjalay Coopen, à Port-Louis, à l’occasion des 75 ans de la mort de cette dernière.


Comme chaque année, les membres du Parti travailliste (PTr) se sont recueillis devant la statue d’Anjalay Coopen à Port-Louis. Cette année, le leader du PTr, Navin Ramgoolam, a fait le parallèle entre Anjalay Coopen et les travailleurs de l’industrie cannière qui font face à de grosses difficultés

La Mauritius Tamil Temples Federation étaient également présents pour rendre hommage à Anjalay Coopen.

Anjalay Coopen est née Soondrun Pavattan en 1911, c'était une militante mauricienne qui exerçait comme femme laboureur.

Elle fut tuée à 32 ans au cours d’une fusillade de la police à Belle-Vue Harel, en septembre 1943. Elle était alors enceinte de son premier enfant.

Les circonstances de sa mort lors du « Massacre de Belle-Vue » ont fait d’elle un symbole de la lutte contre les oppressions, notamment pour la défense des travailleurs et de leurs droits, ainsi que pour la libération des femmes.

Sa vie est hautement symbolique et sa mort est souvent comparée à un sacrifice ou un martyre.

En 1991, Anerood Jugnauth, alors Premier ministre, a inauguré le Stade Anjalay à Belle-Vue Harel sur le lieu où avait eu lieu la tuerie.

En 1995, une statue est érigée en l’honneur d’Anjalay Coopen à l’Aapravasi Ghat, Port-Louis.

Fin 2000, un timbre poste est éditée à l’effigie de la militante.

Une stèle taillée dans un seul bloc de pierre par Harold Gentil a été dévoilée par le ministère des Arts et de la Culture, en 2003, dans le village de Cottage, lieu où ont été incinérés les travailleurs tombés avec Anajalay Coopen en 1943.

C’est dans l’enceinte de la cour commerciale à Port-Louis que se situe la troisième statue d’Anjalay Coopen, dévoilée en 2007.

Un peu d'histoire...

Le 13 septembre 1943, une importante grève démarre sur la plantation sucrière de Belle Vue Harel. Elle fait suite à plusieurs mois d'affrontements entre les propriétaires et les travailleurs.

Le 17 septembre, les deux représentants des travailleurs, Hurryparsad Ramnarain et Sharma Jugdambee, acceptent un accord avec les industriels du sucre sans consultations.

Les ouvriers agricoles refusent de reconnaître cet accord mais reçoivent l'ordre d'accepter les termes prévus ou d'évacuer la propriété avant le 29 septembre.

Malgré tout, la grève continue et la situation devenant de plus en plus tendue, la Police est appelée à la rescousse.

Le 27 septembre, les travailleurs organisent une cérémonie religieuse sur la propriété sucrière.

Un policier affirme à sa hiérarchie qu'il a été battu par l'un d'eux. Des renforts arrivent et trouvent 300 femmes, hommes et enfants armés de bâtons et de pierres qui refusent de se disperser.

La foule hostile commence à lancer des projectiles à la Police qui réagit en tirant à balles réelles.

Plusieurs personnes sont blessées et trois meurent sur le coup : parmi ces trois victimes se trouve Anjalay Coopen, âgée de 32 ans et enceinte de son premier enfant.

Les deux autres victimes sont Kistnasamy Mooneesamy et Moonsamy Moonien.

Neuf jours plus tard, Marday Panapen, un quatrième travailleur décède de ses blessures à l'hôpital de Port-Louis.

L'émotion est très vive dans le pays : 1 500 personnes se réunissent pour une cérémonie funéraire hindoue organisée pour les défunts par le pandit Basdeo Bissoondoyal. Les trois premières victimes sont incinérés dans le village de Cottage sur un terrain offert par un habitant du quartier.

Rédigé par E. Moris le Vendredi 28 Septembre 2018

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