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Harish Chundunsing

[Harish Chundunsing] L'ex-pilote, Salim Toorabally réclame Rs 192 M à Air Mauritius


Rédigé par [Harish Chundunsing] le Lundi 18 Mars 2019

Harish Chundunsing est l'un des piliers du journalisme d'investigation à Maurice, il a officié dans plusieurs rédactions, du Mauricien jusqu'au Matinal. Il a formé ou contribué à la formation de toute une génération de journalistes. Les opinions exprimées par l'auteur sont les siennes et n'ont rien à voir avec Zinfos Moris. Zinfos Moris le publie dans le droit de la liberté d'expression et d'informations que les journalistes réclament sans cesse...et à juste titre !



Air Mauritius est en face d’une note salée. Salim Toorabally ancien Exexecutive Vice President (EVP) Flight Operation réclame une somme de Rs 192 millions à son ex-employeur.

Le pilote estime avoir été injustement été renvoyé le 26 juillet 2018 par le CEO de Air Mauritius, Somas Appavou.

La plainte déposée par l’entremise de l’avouée Feroza Moolna et Benoit Chambers contient un chapelet de récriminations accablantes à l’encontre du CEO d’Air Mauritius.

Les allégations concernent l’ingérence du CEO dans la gestion des opérations de vol et aussi la persécution, favoritisme et des passe-droits.

Le chef pilote fait aussi des graves allégations s’agissant des manquements de deux pilotes qui ont échappé a  la sanction grâce à l’intervention du CEO.

Salim Tooraballly évoque le cas du pilote Hossenbaccus qui avait mal piloté un appareil d’Air Mauritius à Kuala Lumpur en 2017. Il avait aussi avait survolé le volcan de La Fournaise à La Réunion alors qu’il était en pleine éruption.

Il ajoute qu’une enquête initiée par le Capitaine John Mira sur l’incident de Kuala Lumpur fut stoppé sur intervention du CEO et du Capitaine Pramil Banymandhub.

‘’Captain John Mira, Head of Training at the time initiated an inquiry in the KUL Event , which was never completed as Captain Mira resigned from his position when he was pressurised by the CEO and Captain Banymandhub to clear Captain Hossenbaccus."

S’agissant du survol du volcan, selon Salim Toorabally aucune enquête n’a été menée.
L’ingérence intempestive du CEO dans les opérations était telle que le capitaine Toorabally avait sollicité et obtenu une rencontre le 19 décembre 2017.

Au cours de cette rencontre le chef pilote d’Air Mauritius devait présenter sa démission au CEO. Après discussions, le CEO avait promis de ne plus s’ingérer dans les ‘Flight Opearation’’. Il avait demandé au capitaine Toorabally de reprendre sa lettre.

Toutefois, la situation ne changea guère et en raison des ingérences répétées du CEO les capitaines Mira, Quevauvilliers et Marion ont demissionné de leur poste.

Le verdict du Commmandant Toorabally est sans appel : ‘’ Several decisions of the CEO adversely impacted the sound management of Flight Operations Department, were prejudicial to the sound management of flight safety, weakened the teanm leading that department whose competency the CEO questioned without cause , undermined the Plaintiff’s authority and unlawfully interfered in the discharge by the Plaintiff of his duties’’.                                               

Le cyclone Berguitta

Le capitaine Toorabally accuse aussi Somas Appavou d’avoir force les pilotes à opérer des vols sur Rodrigues malgré le fait que Maurice était en alerte cyclonique en janvier 2018.

Quand les préposés de l’Operation Control Centre se sont opposés à la décision du CEO ce dernier aurait declaré :’’ Zot ban pilotes ban capons. Zot per pou voler dans movais meteo’’ !

‘’During cyclone Berguitta, the CEO showed a complete disrespect towards the plaintiff (le commandant Toorabally) and operations staff at OCC….When operations resumedfollowing cyclone Berguitta, the CEO instructed the Plaintiff to delay the flight of Captain Gooriah and expressed doubts with respect to the latter’s ability to land in bad weather conditions and strong crosswind’’.

Malgré les assurances de  Salim Toorabally au CEO , le vol fut retardé sur ses ordres.

Le cas du pilote Gebert

Le pilote Gebert était accusé d’avoir délibérément coupé le moteur d’une A 350 au cours d’un vol en provenance de Paris. L’avion se trouvait alors a une altitude de 35 000 pieds. L’incident, note le commandant Toorabally était d’une telle gravite qu’il avait suspendu le pilote Gebert avec effet immédiat.

Le Commandant Toorabally avait recommandé que le pilote Gebert soit examiné par un médecin spécialisé en médecine aéro-médicale. A la place, le pilote fut examiné par le psychologue Fernando.

Le Commandant avait aussi demandé à ce que l’affaire soit portée a la connaissance de l’aviation civile comme prescrit pas les règlements. A la demande du CEO, le rapport ne fut jamais envoyé à la DCA !

‘’On 24 March 2018, Captain Gebert wilfully and knowingly retarded the thrust of one engine on an A 350 aircraft during the MK 045 flight from Paris.
The occurrence was so serious that the plaintiff(le commandant Tooorabally) immediately released captain Gebert from flying duties…’’


En effet, le CEO avait donné des directives très claires au personnel pour qu’il n’y ait aucun contact avec le personnel de l’Aviation Civile.

‘’This had an adverse impact on the relationship with the DCA and adversely impacted the Plaintiff in the discharge of his functions’’, affirme le Commandant Toorabally.

Il faut peut-être ouvrir une parenthèse pour expliquer que les relations entre le régulateur (la DCA) et la compagnie aérienne peut être parfois conflictuelles.

Ainsi, durant les années ’90 quand le PDG d’Air Mauritius d’alors, sir Harry Tirvengadum avait voulu nommer Ranjit Appa comme ‘Flight Director‘, le directeur de la DCA de l’époque, Jagdish Soobarah n’avait pas donné son aval dans la mesure ou Ranjit Appa n’était pas un pilote mais un ingénieur !

Examens truqués

Le Commandant Toorabally fait aussi état d’un épisode où le CEO avait ourdi un complot afin que deux pilotes qui devaient être surclassés pour pouvoir commander un plus gros porteur ne réussissent pas à l’examen de simulateur.

Il y a aussi le cas d’un pilote étranger qui pilote généralement des A-319 et que le CEO voulait recruter pour piloter des A 340/350. Cela malgré le fait qu’il n’était pas qualifié.
La requête du CEO avait été rejetée par le Capitaine Mc Gregor.

APPAVOU ET LES BELLES HOTESSES

Dans sa plainte, Salim Toorabally allègue que le CEO avait personnellement sélectionné les hôtesses de l’équipage du vol inaugural de l’A 350. Il avait en même temps rétrogradé le chef de cabine Baschet à l’arriere de l’avion sous prétexte qu’il était ‘’trop vieux et maigre’’ !

‘’Prior to the inaugural A 350 flight from Toulouse to Mauritius, the cabin operations team planned the operating cabin crew, which was mainly composed of instructors.
The CEO was extremely angry about the cabin crew composition of this particular flight since many of his former Airbus colleagues and friends were due to be on board.The CEO expressed the view that the female airhostesses were not beautiful enough to look after his friends.The cabin crew manager, Doris Ah Kay Moon had to send pictures of selected beautiful female airhostesses to the CEO for the latter’s approval’’! 


The CEO further asked to remove Mr Patrick Baschet from the flight whom he said was too old and too thin.

Toutefois, sur l’insistance du commandant Toorabally, le CEO devait accepter que M.Baschet fasse partie de l’équipage mais il exigea qu’il se mette au fond de l’appareil !

Le cas  Hossenbacus

Voila un pilote qui avait fauté au cours d’un vol à Kuala Lumpur et qui avait survolé La Fournaise en pleine éruption et qui au lieu d’être sanctionné, avait bénéficié de deux promotions coup sur coup comme Deputy Chief Executive Helicopters Ltd et de Flight Operations Quality Manager.

‘’During the first quarter of 2018, the CEO proceeded with the appointment of Captain Hossenbocus as Flight Operations Quality Manager. The choice was particularly unadvisable considering that Captain Hossenbacus has demonstrated questionable conduct’’,lit-on dans la plainte du Commandant Toorabally."

Le Commandant Tooorabally enfonce le clou  en ces termes ‘’despite the concerns expressed by the Plaintiff and the Head of Safety, Captain Francois Marion, Captain Hossenbacus was later appointed as deputy CEO Mauritius Helicopters Ltd in addition to his previous responsibilities".