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Un autre regard

[Fleur de Lotus] Felt Mountain


Rédigé par Fleur de Lotus le Dimanche 18 Avril 2021

D'un côté une crise sanitaire, de l'autre une crise économique. Avons-nous un bon guide pour cette traversée ?



Il y a ces nuits où la lune est si belle, recouverte d’une fine voile de nuage et accompagnée des étoiles les plus téméraires, qu’on peut passer des heures à l’admirer. Elle nous met devant l’évidence de la futilité de notre existence sur cette planète. Et tout à coup, on se sent tout petit.

Ces pensées rêveuses nous aident à oublier le pétrin cyclopéen dans lequel nous nous trouvons. Les plus strictement rigoureux diront que si le port du masque était respecté, y aurait pas eu de contamination locale. Le commun des Mauriciens a certainement suivi l’exemple de nos dirigeants à l’instar du congrès MSM du 3 mars dernier, soit deux jours avant la confirmation du premier cas, y avait pas de masqués dans les vidéos. Comme quoi un exemple n’est pas forcément un exemple à suivre. 

Peu importe, pour le moment, les circonstances que nous a inoculés bien profondément ce satané virus, ce qui interpelle c’est la gestion de cette crise.

En comparant les stratégies de gestion de la première vague avec celles de la deuxième vague, on se rend compte de l’incompétence farouchement dopée par une complaisance, visiblement opiniâtre, des chefs cuistots. Concédons néanmoins que la gestion simultanée d’une crise sanitaire et d’une crise économique n’est pas chose facile.

On se retrouve à avancer dangereusement sur une crête sinueuse. Et la chute, d’un côté ou de l’autre, aura des conséquences graves et malheureusement irréversibles. Sans une rectification immédiate, on ne peut que subodorer la chute.

Premièrement, la prise de décision pour la mise en place du confinement a été retardée pour des raisons inconnues.

En 2020, le pays a été confiné le lendemain de la détection des 3 premiers cas, on connaissait les 3 malheureux porteurs du virus et cette décision a été prise avec 7 cas confirmés. Cette fois le confinement a été imposé avec 12 cas actifs autochtones et on méconnaît encore tout du patient initial. Cela survient après la découverte du premier cas le 5 mars dans une île Maurice covid-safe. Par la suite, on apprendra du Dr. Kailesh Jagutpal, avec sa face de Vol de Mort, que le virus avait débarqué depuis janvier.

Lors de la première vague, le Dr. Gujadhur nous brossait le crâne tous les soirs lors de la conférence de presse qui se tenait vers 19h, un prime time où beaucoup d’entre nous suivaient ses interventions en famille autour du repas. Cette fois-ci le timing est faux car à 17h30 on est tous dehors profitant des dernières lueurs du jour dans le jardin essayant de faire pousser quelques légumes et herbes fines. Il y a comme une volonté de marginaliser cette allocution quotidienne ô combien importante.

L’absence du bon Dr. Gujadhur se fait ressentir. Avec lui, il n’y avait pas de place pour les plaisanteries ridicules et burlesques sur l’absence de poil sur le coco de Jagutpal. Il allait droit au but en décrivant la situation réelle, sans compromis.

On se souvient quand il raconta comment cela se passe quand les membres d’une famille doivent suivre les funérailles d’un proche via vidéo. Cette aptitude de parler avec les Mauriciens a certainement été acquise par une longue expérience dans le secteur de la santé publique Ce grand monsieur nous expliquait clairement à l’aide de graphiques et de courbes l’évolution de l’épidémie. Avouons aussi que le professionnalisme du Dr. Gujadhur volait souvent la vedette sur les plateaux de télé et l’amateurisme du ministre Kailesh Jagutpal devenait naturellement visible.

Cette saison, ce n’est que le 3 avril, soit presque un mois après le premier cas, que ce dernier a montré la première courbe. Et seulement pour justifier que la crise est bien gérée. Vol de Mort a eu le toupet de pointer du doigt le lump sum et la pension du bon docteur. Démontrant par la même occasion une insensibilité aux personnes compétentes et méritantes. Concédons que cette pension est bien plus méritée que le salaire de Yogida Sawmynaden. Ou encore le salaire de la doctoresse spécialisée en pédiatrie, retraitée et reconvertie en épidémiologiste.

Toujours froide et sans émotions lors de ses interventions, le Dr. Catherine Gaud n’inspire guère confiance. En utilisant des mots trop complexes pour le commun des Mauriciens, on a l’impression usuelle qu’elle gère grave. Mais la réalité est toute autre.

Le bilan des victimes du covid reste bas grâce à elle, les décès étant attribués à d’autres maladies. Mais sans ce virus, ces pauvres gens seraient encore été parmi nous. On se demande quel est l’agenda caché du gouvernement en maintenant le nombre de victimes du Coronavirus bas. Mais, en tout cas, Catherine Gaud s’est bien adaptée aux méthodes méphistophéliques de la cuisine. 

L’autre nouveauté dans cette crise est que nous disposons de vaccins. Mais y a des hics.  Le formulaire de consentement, unique au monde, est la preuve de l’insouciance à l’égard du peuple mauricien.

Ensuite, il y a les types de vaccins proposés. Mise à part l’Astrazeneca, les autres vaccins imposés par le gouvernement ne sont pas qualifiés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ou encore par l’Union Européenne. Comprenez que les trois vaccins validés à ce jour pour une utilisation d’urgence par les deux organisations mentionnées sont Pfizer, Moderna et Astrazeneca. Sur le site web de l’OMS, on découvre une liste de vaccins dans le cadre de la procédure d’évaluation pour une utilisation d’urgence.

Le site montre à quelle étape se situe le vaccin pour être qualifié comme efficace et sans risque majeure. Sur cette liste on retrouve les vaccins qui sont à une étape avancée pour une qualification, le Sinovac de la Chine ou et le Sputnik V (V pour Vodka) de la Russie en font partie. Mais le Covaxin de Bharat Biotech est encore à la première étape, c’est-à-dire l’établissement d’un timeline pour le dépôt de dossier. Contrairement à la déclaration du Dr. Musango, représentant de l’OMS à Maurice, la qualificaton ne se fera pas de sitôt. De plus ce n’est que le 8 avril que le document de recherche déposé en novembre 2020 au Lancet, journal réputé et spécialisé en médecine, a été accepté pour être publié. Et l’article fait mention seulement des tests cliniques de phase 2.

Comprenons que l’Union Européenne débat sur la mise en place d’un certificat sanitaire qui deviendra peut-être obligatoire si on veut se rendre sur le vieux continent. Ce document sera complémentaire du passeport et sera une façon de montrer patte blanche en ce qui concerne la vaccination pour pouvoir entrer et circuler en Europe. Pour le moment, seuls les Mauriciens vaccinés à l’Astrazeneca sont qualifiés pour le passeport sanitaire. Cette mesure très demandée par les pays membres de l’UE sera probablement applicable à partir de juillet de cette année. Le manque de vision et d’anticipation de ce gouvernement est absolu. 

Pour la première saison, on croyait tous à la bonne gestion de la crise par le gouvernement. Mais c’était un hold-up de l’argent de l’Etat, notre argent. En ce moment, on ne sait pas ce qui se passe en coulisses.

Le titre Felt Mountain  de Goldfrapp inspire à la fois le calme par un rythme détendu et une tension sous-entendue par les coups de fouet intermittents. Idéale pour avancer sur cette crête en ces temps de crise.


Dimanche 18 Avril 2021

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