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Société

Expulsés des terres de l'Etat, les squatteurs de Riambel vivent dans des conditions encore plus misérables


Rédigé par E. Moris le Mercredi 10 Juin 2020

Le ministre des Logements, Steven Obeegadoo a rencontré, mardi 9 juin, les squatters de Riambel, en présence du ministre Alan Ganoo ainsi que les élus de la circonscription numéro 14, Sandra Mayotte et Prakash Ramchurrun.



@ Percy Yip Tong
@ Percy Yip Tong
Le père Jean Claude Veder était également présent. Après avoir rasé en plein hiver et en période de post confinement, des bicoques en tôles en bois, le ministre du Logement s’est engagé à trouver une solution dans les plus brefs délais.

Pour rappel, les squatters des terres de l'Etat à Riambel ont été expulsés par la police et leurs cases en tôle rasées avec l'aide des militaires de la Special Mobile Force.

Pour Percy Yip Tong, producteur et manager de musique, qui a beaucoup oeuvré pour l’avancement de la culture créole (dans le sens le plus large du terme) "le gouvernement aurait pu pour raison humanitaire attendre l'été et pas raser ces fragiles bicoques dès que les deux mois et demi de confinement pénibles se terminent. Surtout que cette opération sauvage n'a pas résolu le problème vu que ces squatters sont toujours sur place."

Alerté par l'Ong DRIP sur cette situation dramatique, il s'est rendu sur place en apportant des vêtements chauds, couvertures et nourriture.

Le spectacle qui s'est offert à lui, est révoltant. Ces personnes totalement démunis ont déménagé de leurs cases délabrées à des petites tentes offertes par des bons samaritains. Les enfants ont pu heureusement dormir le soir dans un container voisin appartenant à Caritas, où ils sont un peu plus à l'abri du vent glacial qui souffle sur la côte sud.

Il ne fait aucun doute pour Percy Yip Tong que "nos dirigeants ont le pouvoir, mais pas l'intelligence ni le coeur. Le pire c'est qu'à chaque élection législative, certains politiciens demandent aux squatters de voter pour eux en leur promettant de légaliser leur situation."

Ce qui est selon lui, plus grave c'est que la plupart des squatters, appartiennent à la communauté afro-mauricienne, cela provoque la frustration et la colère de cette communauté. Ce n'est pas pour rien que ce bidonville des squatters de Riambel s'appelle African Town.

Il rappelle qu'il y a deux ans, le ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun avait laissé entendre que cette communauté "n'aurait pas droit à des logements sociaux car c'est connu que souvent ses hommes sont des drogués et ses femmes des prostituées".

Percy Yip Tong rappelle également que ceux qui subissent la brutalité policière sont aussi issus de cette communauté. Faisant référence à la brutalité policière alléguée à Cité Valeejee durant le confinement.

S'adressant au Premier Ministre et membres du gouvernement, il n'hésite pas à déclarer que la situation politique, économique et sociale du pays est beaucoup plus grave et catastrophique qu'à la mort du chanteur Kaya. IL prévient que les émeutes ne seront pas surprenantes "si vous provoquez des étincelles. Ne jouez pas avec le feu. Vous risquez de flamber toute LIL MORIS".





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