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Dubaï : Le mauricien Shameem Korimbocus considéré comme un "terroriste" est sous un avis d'expulsion

Mardi 30 Juillet 2019

Shameem Korimbocus, un ressortissant mauricien, s’est fait un nom parmi les expatriés mauriciens à Dubaï. Originaire de Plaine-Verte, il réside et travaille à Dubaï depuis 10 ans.


Auteur de la page Facebook La vérité ki pou dérange Zot, il est suivie par plus de 250 000 utilisateurs.  Il n'hésite pas à dénoncer sous forme de courtes vidéos, la situation politique à Maurice, toujours avec beaucoup d'humour. 

Il a fait l'objet d'une nouvelle arrestation hier lundi 29 juillet par les autorités de Dubaï. Il aurait reçu un coup de fil lui demandant de se rendre au poste de police le plus proche. Il serait, selon les autorités locales à Dubaï, considéré comme une "menace" pour Dubaï et Maurice.
 
Selon ses proches, il risque de rester en détention pendant une quinzaine de jours avant d’être expulser par les autorités dubaïotes. 
 
Pour rappel, Shameem Korimbocus avait déjà été inquiété par les autorités dubaïotes en novembre 2018 suite à une vidéo caricaturale qu’il avait postée. on lui aurait intimé l'ordre de cesser ses provocations envers les autorités mauriciennes sous peine d’être expulsé du territoire dubaïote. Cette précédente convocation avait eu lieu quelques temps après les amendements apportés au Judicial and Legal Provisions Act. 

Depuis quelques mois, des événements très graves se passent à l'île Maurice, des voix s'élèvent de plus en plus nombreuses pour dénoncer des atteintes intolérables à la démocratie.  

Le gouvernement du Premier ministre Pravind Jugnauth a décidé de passer à la vitesse supérieure en matière de répression avec une loi punissant de 10 ans de prison les auteurs de messages électroniques vexant, menaçant, pouvant déranger ou agacer un autre individu. 

Le président de la République mauricien par intérim, Barlen Vyapoory, avait promulgué la Judicial and Legal Provisions Act, "malgré les critiques et craintes exprimées par les Mauriciens". Cette loi a vocation à restreindre non seulement la liberté d’expression des internautes mais aussi celle de la presse. Les médias en ligne encourent, tenez-vous bien, jusqu’à dix ans d’emprisonnement.  

Zouberr Joomaye met en garde Shameem Korimboccus avec des menaces à peines voilées  

Le chef de l’État par intérim a affirmé que la majorité des internautes n’a rien à craindre. "S’ils n’ont rien fait de mal, ils ne seront pas inquiétés. Mais forcément, ceux qui font tort à autrui seront sanctionnés. C’est une loi pour protéger les bons", a déclaré Barlen Vyapoory.  

Cette nouvelle loi punira de dix ans de prison toute personne qui "envoie un message électronique qui peut être vexant, menaçant, peut déranger ou agacer un autre individu". Or, comme le font remarquer certains juristes, les dispositions de la loi sont très vagues et permettront tous les abus.  

Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un outil politique entre les mains du gouvernement visant à faire peur et à de quoi inquiéter.

 

 


Rédigé par E. Moris le Mardi 30 Juillet 2019

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