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Société

[Dossier] La State Bank of Mauritius et ses zones d'ombre


Rédigé par E. Moris le Lundi 27 Juin 2022

De nombreuses instances internationales ne cessent de tirer l'alerte et de pointer du doigt Maurice comme étant le mauvais exemple de transparence dans le secteur financier. Ces critiques constantes et régulières fragilisent nos systèmes financiers et la confiance des investisseurs en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Selon ces rapports, des failles mauriciennes permettraient de se servir de la juridiction locale pour faire du blanchiment d’argent alliant un manque de vigilance, de juridiction et de sanctions des instances régulatrices.



@ Ijaaz Travel Photography
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Le député Aadil Ameer Meea a soulevé un gros lièvre au Parlement lors des débats budgétaires concernant les sommes rayées par la State Bank of Mauritius, soit un total de Rs 12,8 milliards perdues en quatre ans. Comment la SBM a perdu ces milliards ? Selon les premiers éléments de réponse ce sont d’énormes prêts accordés à des étrangers sans aucune garantie. Par ricochet pour ce manque de vigilance, l’État se retrouve avec des déficits et des dettes publiques qu’il faut rembourser avec des intérêts. L’Assemblée générale annuelle de la State Bank Holdings Ltd renvoyée a donné lieu à quelques critiques publiques sur les ondes d'une radio privée, venant d'un des actionnaires en la personne de Bissoon Mungroo. Pour lui, Sattar Hajee Abdoula ainsi que le conseiller légal ont tenté de camoufler ce scandale : "en faveur de qui ? ti copain, ti copine ou bien laveur lassiette?"

En 2018, la banque s'était retrouvée face à un nouveau cas de fraude alléguée. Il serait question d’un transfert vers Dubaï relatif à un prêt pour financer un projet d’hydrocarbures. Le montant de la transaction s’élèverait à environ Rs 850 millions. Il s’agit d’une société dubaïote qui a eu recours à un courtier pour négocier avec la State Bank en vue de financer l’achat d’hydrocarbure. Depuis plus de nouvelle et l'argent s'est volatilisé.

Une décision qui a précipité l’auditeur externe à faire provision pour des créances douteuses, même si il semble difficile pour ne pas dire compliquer pour que la banque puisse recouvrer cet argent. Dans un communiqué le 9 août de la même année, la SBM affirmait avoir ouvert une enquête interne «suivant une suspicion de fraude de la part du client», sans toutefois préciser l’identité du client ni de quelle affaire il s’agit. Et pour rassurer ces clients, «la banque dispose de solides mécanismes de procédures qui lui permettent d’engager un processus de recouvrement en cas de défaut de paiement.»

Le prêt kenyan de Rs 4.8 billions

Ce prêt, décaissé à trois clients kenyans faisant partie du groupe Pabari Investments; fait l’objet d’une enquête à la demande de la Banque de Maurice. Le conseil d’administration s'était réuni le 10 août 2018 pour la revue des résultats trimestriels de la State Bank of Mauritius (SBM). Une publication des résultats financier où l’établissement aurait fait provision de plusieurs centaines de millions de roupies liées aux créances douteuses, sur la période allant du 1er avril au 30 juin 2018. Un «provisioning» liée à des prêts déclarés non-performants durant cette période dont celui octroyé à un groupe kenyan.

Pour le trimestre précédent, se terminant au 31 mars 2018, la SBM avait réalisé des bénéfices nets de Rs 839 millions, alors que, comparés à la même période l’année dernière, ils s’affichaient à Rs 598 millions. Quant aux pertes liées aux créances douteuses pour le premier trimestre de 2018, elles s’élevaient à Rs 221 millions.

Marché des valeurs : SBM chute sur fond de prêts non-productifs

Le cours de l’action SBM Holdings Limited avait terminé en baisse avec la confirmation d’enquête interne sur une fraude et des provisions pour ces créances. Si la panique des investisseurs avait été de courte durée, l'action avait perdu 7 % de sa valeur, passant à Rs 6.50 l’unité avant de se rattraper pour clôturer la séance à Rs 6.98, soit un déclin de 0.9 %. L’action était à son niveau le plus bas en 18 mois. La banque avait perdu 5,1 % de sa valeur en une semaine. Selon les données compilées et relayées par la firme Swan Securities Limited, le titre a perdu 7,2 % de sa valeur contre une chute de 2,4 % pour le MCB Group Limited et un gain de 1,5 % pour le SEMDEX.

SBM Holdings : les profits ont chuté de Rs 1,15 milliard en 2018

Dans son bilan semestriel, publié dans la soirée du lundi 13 août 2018, une transaction, jugée frauduleuse, a plombé ses comptes au deuxième trimestre. Les profits après impôts pour les six mois se terminant au 30 juin ont été de Rs 156,03 millions. Au premier semestre de 2017, les bénéfices après taxes ont été de Rs 1,31 milliard. Même si le conseil d’administration du deuxième plus grand groupe financier du pays se voulait confiant et rassurant, en faisant ressortir que la chute dans les profits n’est qu’un accident de parcours. Il n'empêche que le Chief Executive Officer de la SBM, Raj Dussoye, avait soumis sa démission. Cette décision fait suite aux retombées de l’enquête interne à la SBM Tower sur un prêt d’environ Rs 4 milliards au groupe kenyan Pabari. Le conseil d’administration de la banque s’était réuni  pour prendre les décisions qui s’imposent suite aux conclusions de cette enquête interne.

Si la démission le jeudi 16 août dans la soirée du Chief Executive Officer (CEO) de la State Bank of Mauritius (SBM), Raj Dussoye avait ébranlé actionnaires et dirigeants, le conseil d’administration de la banque s’était réuni pour prendre les décisions qui s’imposaient suite aux conclusions d'une enquête interne à la SBM Tower, sur un prêt d’environ Rs 4 milliards au groupe kenyan Pabari. Le rapport recommandait des sanctions envers ceux ayant "fauté" lors de cette transaction. 

Au lieu de faire face à une suspension comme le recommande l'enquête, le CEO Raj Dussoye a opté pour la démission. Il occupait le poste de CEO de la SBM Bank (Mauritius) Ltd depuis le 12 août 2016. Il y avait succédé à Jairaj Sonoo à la SBM, ce dernier avait quitté la banque avec un statut de retraité qui avait fait l'objet de polémique alors qu'un avis de suspension a été émis à son encontre. Raj Dussoye avait également occupé le poste de Chief Executive Officer au sein de  Bank One et avait travaillé auparavant comme "Divisional Leader" de la SBM. Raj Dussoye a passé cinq ans à Bank One avant d’être contraint de prendre la porte en octobre 2013. Motif : il aurait pris de "mauvaises décisions stratégiques". 

Selon Capital Mauritius, environ 3,5 millions de dollars sont stockés dans des comptes bancaires détenus par des sociétés étrangères impliquées dans l'activité de Blood Diamonds. En juillet 2018, le conseil d'administration de la State Bank of Mauritius (SBM) avait ordonné la fermeture express de ces comptes tout en informant les clients que la banque ne traiterait plus avec les entreprises liées au commerce de diamants.

Zinfos Moris est en mesure de vous révéler que Dag Lars Cramér, directeur d’Octea Diamond Management Ltd et de ConatusOne Ltd, avait ouvert un compte à la SBM Bank en juin 2017 avec une balance de près de 65 000 000 de dollars à ce jour. ConatusOne Ltd détient près de 15.000.000 d’actions au sein de quatre Sight Holdings Limited. Des actions dans diverses sociétés offshore hébergées à Maurice où on retrouve également comme directeur un ex-ministre. Dag Cramér aurait eu droit au tapis rouge grâce à sa proximité avec une haute personnalité de l'état. C'est grâce à cette haute personnalité que les démarches pour l’obtention de son permis de résidence à la veille des législatives de 2005 ont été activées à Maurice.

En 2015, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a reçu ce qui a été appelé la plus grande fuite bancaire de l'histoire, impliquant plus de 30.000 comptes et 60.000 fichiers de la banque britannique HSBC. Des comptes clients, y compris des négociants de Blood Diamond, dans lesquels étaient cachés des millions de dollars pour échapper aux autorités fiscales. Un haut cadre au sein de la State Bank of Mauritius (SBM) suscite des interrogations dans le milieu de la finance et est sous étroite surveillance. Son nom a déjà été cité dans la presse. Kaushik Pabari, patron de Pabari Investment, était client de ce haut cadre dans d'autres banques avant qu'il ne soit embauché à la SBM. Il a participé aux dossiers des Kenyans (3.8 milliards) et la firme de Dubai ( $ 25.000.000)

Lundi 27 Juin 2022

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