Justice

Dossier Chagos : Les juges de la Cour internationale de justice délibèrent

Jeudi 6 Septembre 2018

Les auditions dans le cas Chagos sont closes. Le panel des juges de la Cour internationale de justice s’est retiré pour délibérer et informera les parties concernées de sa décision en temps voulu.


Mais auparavant, pour cette dernière journée d’audition, il y a eu cinq interventions, dont celle, très attendue, de l’Union africaine. De plus, les quatre pays et l’organisme regroupant les pays d’Afrique ont tous pris position pour la République de Maurice. 

Pour Mohamed Gomaa, de l’Union africaine, « la décolonisation n’a pas de prix ». Il a insisté sur le fait que le cas devant la Cour internationale de justice ne relève pas d’une dispute frontalière. D’autant, a-t-il ajouté, que la Grande-Bretagne a indiqué à plusieurs reprises qu’elle va retourner les îles Chagos à Maurice lorsqu’elles ne seront plus utiles pour les besoins de la défense. 

Pour l’Union africaine, a déclaré Mohamed Gomaa, c’est une reconnaissance légale que les Chagos est un territoire mauricien. Le représentant de l’organisme africain a précisé que l’affaire relève d’un problème de décolonisation et va au-delà de la question bilatérale. Mohamed Gomaa s’est aussi appesanti sur la souffrance des Chagossiens. 

Avant l’Union africaine, c’était au tour de la Zambie de prendre la parole. Dapo Akandé, professeur de droit international public, a souligné que la Cour internationale de justice « est compétente » pour trancher cette question.

C’est un argument similaire qu’a avancé le représentant de la Serbie. Pour Aleksandar Gajić, si le tribunal refuse de se prononcer sur la question, ce sera « une preuve de faiblesse » de la part des Nations-unies face aux puissances mondiales. Il est même allé jusqu’à dire l’intégrité de la cour sera fortement endommagée si elle arrive à la conclusion qu’elle n’est pas compétente pour donner un avis sur cette affaire. Pour le représentant serbe, les souffrances infligées aux peuples des Chagos équivaut à un « crime contre l’humanité ».

Quant à la Thaïlande, son représentant, l’ambassadeur  Virachai Plasai, a expliqué qu’un accord entre une puissance coloniale et un territoire qu’elle occupe n’est pas viable, car « basé sur une relation d’inégalité ». 

La République du Vanuatu a, elle, démoli l’argument de la Grande-Bretagne que les Chagos ne faisaient pas partie du territoire mauricien car elles sont très éloignée de Port-Louis. Son représentant, l’avocat britannique Robert McCorquodale, a indiqué que la République du Vanuatu est également un archipel, comptant plusieurs îles très éloignées les unes des autres. Mais cela ne l’empêche pas d’être un État souverain, a insisté Robert McCorquodale.

Rappelons que les auditions ont démarré lundi matin avec la déclaration du ministre mentor mauricien, sir Anerood Jugnauth, dernier survivant des négociations de Lancaster House en 1965.

La Grande-Bretagne et ses alliés (États-Unis, Australie et Israël, entre autres) ont répliqué aux arguments mis de l’avant par le camp favorable à Maurice, qui comprend l’Inde et l’Union africaine.

Rédigé par E. Moris le Jeudi 6 Septembre 2018

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