Société

[Dossier] Armand Apavou le roi de l'immobilier devenu intouchable

Mercredi 15 Août 2018

Le sort du groupe Apavou est dans la tourmente depuis plusieurs mois et intéresse la presse locale réunionnaise mais aussi nationale. Un imbroglio juridique hors du commun qui connaît une suite de rebondissements en tous genre entre liquidation judiciaire, dettes impayés, abus de biens sociaux et banqueroute.


[Dossier] Armand Apavou le roi de l'immobilier devenu intouchable
Armand Apavou est l'un des plus grands opérateurs privés de l'immobilier depuis 50 ans et fait partie des 500 plus grandes fortunes professionnelles de France (selon magazine Challenges), avec une fortune estimée à 700 millions d'euros en 2014. 

Lundi, le quotidien Le Parisien lui a consacré un article intitulé "L'étrange coup de main de la Caisse des dépôts à un groupe réunionnais en difficulté". 

Le journal s'interroge sur le rôle de la CDC Habitat (filiale du groupe Caisse des dépôts) qui a mis sur la table une offre de 130 millions d'euros pour racheter la totalité du parc immobilier du groupe réunionnais, soit 2 500 logements.

Autre surprenante décision, la CDC projette de monter un nouveau business avec le groupe Apavou.

Selon des documents que Le Parisien-Aujourd'hui en France a pu consulter, l'organisme public s'est engagé à se "concerter et discuter d'un partenariat" pour permettre, notamment, "la construction de logements par des sociétés du groupe Apavou", indique l'article. "Cette offre de dernière minute fait bondir les créanciers", ajoute le journal.

La prochaine audience qui se tiendra au tribunal de commerce de Saint-Denis mercredi prochain à la Réunion risque d'être passionnante à plus d'un titre.

Début mars, le groupe Apavou était frappé en plein cœur avec le démantèlement et la liquidation de 9 sociétés sur un total de 11. Cette déconfiture de l'empire bâti par Armand Apavou depuis plus de trois décennies était symboliquement marquée par la fermeture de l'emblématique hôtel Saint-Denis.

Apavou l'heureux et récent propriétaire d'un appartement d'un ancien ministre français n'avait pas hésité a adressé une lettre à Emmanuel Macron en fin d'année dernière, au moment des démêlés du groupe avec le tribunal de commerce. Tout comme s'entretenir avec son avocat et ami Jean Louis Borloo de passage à l'île de la Réunion pour obtenir un sursis présidentiel. 

Apavou reste un phénomène qui intrigue tant il accumule les déboires financiers et dans le même temps sait toujours rebondir sur ses pattes malgré des dettes abyssales du groupe qui frisent l'indécence. 

Le chef de clan a bénéficié à la Réunion d'une super protection à l'épreuve de la moindre poursuite sérieuse, protégé par son bouclier social. Chercher noise au roi de l'immobilier sur l'île serait revenu à mettre en péril des dizaines et des centaines d'emplois voir des milliers. Cette stratégie s'est révélée payante avec un carnet d'adresse aussi épais que celui d'un chef du gouvernement et un porte monnaie généreux.

A Maurice, il y a deux ans, notre homme était sous le feux des projecteurs avec les révélations fracassantes sur le financement des partis politiques. Il a signifié arroser selon les "pratiques" du pays les partis politiques. Certains partis n'ont pas nié, d'autres ont réservé un droit au silence.  

Sam Cooroopdass, le directeur général d'Apavou Immobilier à Maurice a affirmé dans tous les journaux que le groupe Apavou a toujours financé tous les partis politiques. Le PMSD de Xavier Duval a été transparent sur le sujet, le Parti Travailliste a confirmé par la suite. Le régime au pouvoir le MSM et le MMM de Bérenger n'ont pipé mot.

Pris dans une spirale judiciaire, "difficultés" à payer ses employés, coincés avec des dettes, les hôtels Apavou à Maurice ont été placés sous administration judiciaire car la dette du groupe s'élevait à plus de trois milliards de roupies.

Ce qui a donné lieu à la liquidation et vente de ses hôtels Apavou : Ambre, la Plantation, Indian Resort, Mornea et Moréva. 

Mais cela ne l'a pas empêché de vouloir construire des "logements sociaux" à plus d'un million de roupies dans la région de Port-Louis, un projet immobilier à Ebène et d'ouvrir un centre commercial sur un terrain de 80 000 m2 à Rose-Belle, dans le sud de l'ile Maurice : le Plaisance Family Shopping Village avec un investissement de plus de  Rs 600 millions.

Malgré des millions de roupies impayés à la MRA, des plaintes devant le tribunal commercial pour dettes impayées, des f
ournisseurs et anciens directeurs impayés. Et encore mieux, à Quatre-Bornes, après plusieurs années, certains propriétaires d'appartements n'ont jamais reçu leur acte de vente.  

A  la Réunion où son siège social Futura, 
fleuron du groupe Apavou, est frappé d'un arrêté de fermeture que la mairie de Saint-Denis et la préfecture n'ont jamais appliqué depuis mars 2017.

Les nombreux manquements à la sécurité ont fait courir un grand danger aux quelque 700 personnes qui fréquentaient au quotidien chaque jour le bâtiment.

La commission de sécurité, lors de son passage en août 2016, avait mentionné également à la surprise de tous «l'absence de permis de construire ou d'une demande d'autorisation de travaux». 

Sa "résidence hôtelière" Le Lancastel sur le Barachois, près de l'immeuble Europa, a connu en 2009 l'inondation, le feu et la panne de la climatisation.

Pas d'ascenseur, ni de lumière de sécurité obligatoire dans les escaliers alors que l'immeuble compte quand même 8 étages, et on peut imaginer les conséquences pour le déplacement des personnes d'un certain âge et des enfants.

A Maurice si l'inauguration de son centre commercial à Plaisance Shopping village à Belle-Rose s'est faite en catimini, le groupe Apavou Immbilier avait ouvert ses portes sans Fire Certificate en avril 2018.  

Les mauvaises langues y verront la marque de fabrique Apavou.



 

Rédigé par E. Moris le Mercredi 15 Août 2018

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