Politique

[DOSSIER] Veer Luchoomun : un frère peu convenable

Samedi 4 Août 2018

Actuellement en liberté conditionnelle et en attente de son procès, Veer Luchoomun, frère de la députée et Parliamentary Private Secretary Sandhya Boygah et neveu de la ministre de l’Éducation Leela Devi Dookun-Luchoomun, veut se rendre à Madagascar pour affaires.


[DOSSIER] Veer Luchoomun : un frère peu convenable
Veer Luchoomun a présenté mardi 31 juillet 2018 une demande pour la levée d’interdiction de quitter le pays. 

Le Directeur des poursuites publiques, représenté par Me Geetika Rampoortab-Purmanund, fera connaître sa décision le 10 août 2018.  

Sa ligne de défense reste la même à chaque tentative de lever l'interdiction de voyager qui pèse sur lui : 
«Je voyage souvent car j’ai mes affaires à gérer. Je dois demander un variation order à la Cour pour pouvoir le faire. Je voyage, car je suis une cure de désintoxication à l’étranger».

Veer Luchoomun, l'homme d'affaires et de démêlés avec la justice 

Ses démêlés avec la justice remontent en mai 2007 pour vente et consommation de cannabis. Il a dû payer une amende de Rs 20 000 après cinq jours en détention afin de retrouver la liberté. 20,5 grammes de cannabis avaient été saisis à son domicile lors d’une perquisition par l'ADSU.

Il est arrêté une nouvelle fois le 18 mars 2011, suite à une nouvelle perquisition de l’ADSU à son domicile. 10,3 grammes de cannabis sont retrouvés dans sa maison. Retour à la case prison pour une semaine en détention préventive. Le 12 janvier 2018, il écope de 12 mois de prison et a fait appel du verdict.  

Accident mortel sous l'emprise de l'alcool  

Le 3 décembre 2017, Veer Luchoomun est impliqué dans un accident de la route à Forbach. Il avait 63 microgrammes d’alcool dans le sang quand sa voiture a percuté la motocyclette dont Keshava Appadoo était le passager. 

Ce dernier est tué sur le coup alors que son ami, le conducteur de l’engin, a été admis aux soins intensifs de l’hôpital du Nord. 

Veer Luchoomun, cet habitant de Rivière-du-Rempart, n’a pas été traduit devant le Bail and Remand Court (BRC) le jour de l'accident, car il a été admis dans une clinique privée. Il a comparu devant le tribunal de Mapou, le lundi 4 décembre 2017, sous une charge provisoire d’homicide involontaire. Il a été libéré le même jour après avoir payé une caution de Rs 12 000 et signer une reconnaissance de dette de Rs 100 000. 

Le nom de Veer Luchoomun balancé lors d’une audience de la commission d'enquête sur la drogue présidée par l’ancien juge de la Cour suprême Paul Lam Shang Leen 

Paul Bérenger a témoigné contre Veer Luchoomun, propriétaire d'un groupe de maisons de jeu qu’il gère avec sa femme. Le Baron Games House ainsi que d'autres établissements similaires sont implantés à Maurice et dans plusieurs pays de la région, notamment à Antananarivo à Madagascar et à Kigali au Rwanda. Le groupe Baron Bet compte environ 200 maisons de jeux. 

Veer Luchoomun a été accusé par Paul Bérenger d’être un « Big Boss» dans le trafic de drogue. Le leader MMM faisait référence au réseau du policier Arvind Hureechurn, arrêté avec 2 kilos d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 35 millions, à l’aéroport de Plaisance le 26 octobre 2016, ce dernier revenait d'un voyage à Madagascar.  

Le policier s’est pendu à un lavabo, trois jours plus tard, au centre de détention de Moka. L’autopsie a révélé qu’il est mort asphyxié. 

Veer Luchoomun a nié connaître le policier et a rejeté en bloc être un trafiquant. 

Sur ce dossier, Pravind Jugnauth a réagi comme à son habitude  : 

«Le plus important est de venir prouver que Sandhya Boygah est impliquée. Paul Bérenger n’arrête pas de dire que c’est le proche d’une députée et d’une ministre. Est-ce qu’on pourra être responsable de ce que font les proches des politiciens ? C’est aux autorités maintenant de vérifier les éléments» 

 «S’il était membre de mon parti, j’aurais pu répondre aux questions. On ne peut tenir des gens responsables des actes commis par d’autres personnes.» 

 La saga Sandhya Boygah  

Si le frère est connu pour le sens des affaires, la soeur connaît elle aussi un franc succès depuis son entrée au MSM. 

Ancien membre du PTr, la députée du n°11 (Vieux-Grand-Port-Rose-Belle) a vu après une suspension de permis en 2011 pour sa société de paris de football étranger, Empowering People Ltd, restitué. 
Des permis d’Empowering People Ltd avaient été suspendus car les gains non réclamés des parieurs n’avaient pas été reversés au gouvernement. 

Les cinq succursales opèrent de nouveau à travers l’île, suite à une décision de la Gambling Regulatory Authority (GRA). On vous laisse deviner qui était à la tête de la GRA à l'époque. 

Contrat pour un projet de culture de concombres de mer 

La société Mauricoast de son époux Yashodhar Boygah a obtenu un contrat du ministère de la Pêche pour exploiter un barachois de 46 hectares à Poudre-d'Or, pour un projet de culture de concombres de mer. 

Yashodhar Boygah ne paiera pas la moindre location-bail. Prem Koonjoo, ministre de la Pêche et colistier de Sandhya Boygah au n° 11, a expliqué que cette société investira Rs 100 millions dans ce business.

Si cette concession a été octroyée à l’homme d’affaires pour un projet pilote de cinq ans, les explications hasardeuses de l'époux de la Parliamentary Private Secretary (PPS) font tiquer. 

Les consultants de la firme australienne Biosis qui vont l’aider à réaliser son projet « vont aussi apporter leur expertise au ministère, c'est un win-win situation ». 

Les batailles de Yashodhar Boygah 

- Privé d’accès à son barachois, l’époux de la PPS Sandhya Boygah a saisi la Cour suprême pour obtenir une injonction contre le gérant du barachois jouxtant le sien afin qu’il enlève ses clôtures et ses barrières afin qu’il puisse accéder au site. 

Imbroglio puisque Khemraj Persand conteste cette demande. Il indique avoir investi près de Rs 3 millions dans l’élevage de crustacés sur une base pilote et fait le choix de sécuriser les lieux, pour éviter d’être victime de vols. 

- Mai 2018, prêt non approuvé de Rs 20 millions par la SMEDA, Yashodhar porte l'affaire en Cour suprême. 

- Juillet 2017, Yashodhar Boygah a été arrêté lors d'un contrôle de routine. Il a été conduit au poste de police avec un certain taux d’alcoolémie. Il avait refusé de faire un test car selon son épouse "il prend des médicaments".  

La police continue son enquête...

Rédigé par E. Moris le Samedi 4 Août 2018

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