Politique

Crise sans précédent au MMM : 104 membres mauves claquent la porte et rejoignent Steeve Obeegadoo

Jeudi 9 Août 2018

Entre les claquements de portes, les congés politiques des membres fondateurs du parti ou les sanctions sous forme de motion, de blâme, carton jaune, avertissement...le Mouvement Militant Mauricien (MMM), un des plus vieux partis politiques mauricien connaît une crise sans précédent dans son histoire.


Crise sans précédent au MMM : 104 membres mauves claquent la porte et rejoignent Steeve Obeegadoo
Le MMM connait depuis plus de dix huit ans une succession d'échecs avec des stratégies d'alliance désastreuses. Sans compter le caractère d'un leader aigri, irascible, et d'humeur "emmerdée" dès la moindre critique à son encontre.

Les militants et fidèles de la première heure sont désabusés et ne suivent plus les consignes de vote du leader. 

Depuis peu, la fronde s'est organisée au sein du MMM malgré les risques de courroux du dictateur Bérenger. Il faut dire que la énième déculottée de la partielle n°18 en décembre dernier a eu raison de la patience des plus fidèles sympathisants. 

Pradeep Jeeha, le leader adjoint sur les ondes d'une radio privée :  “On ne peut continuer à laisser des gens devenir des clowns dans la cour du roi Pétaud”. La direction n’aime pas que ses membres parlent à la presse. Jeeha a d'ailleurs été remercié et expulsé du parti par l'instance suprême des mauves. 

Steve Obeegadoo, l'autre homme fort qui a osé braver le leader était aussi sur un siège éjectable.

Aux dernières législatives de décembre 2014, il était candidat sous la bannière du MMM à la circonscription no 17 (Curepipe-Midlands). Il était aussi président de la commission éducation des mauves.

Le leader mauve déphasé et opposé à toute réforme ou remise en question, découvre que ses motions de blâme ou autres tentatives pour museler ses membres ne provoquent pas de consensus.

Françoise Labelle, vingt ans de service au sein du parti n'a pas mâché ses mots. Elle plaide pour une révision du fonctionnement désuet des branches du MMM qu’elle accuse d’être la raison de la déconnexion entre le parti et sa base électorale.  

A la régionale No. 17 du MMM, 104 mauves ont officialisé mercredi 8 août leur décision de rejoindre la Plateforme pour un nouveau MMM crée par Pradeep Jeeha, Françoise Labelle et Steeve Obeegadoo.

Lors d'une réunion organisée au collège Renaissance à Curepipe mercredi soir, Steven Obeegadoo a une nouvelle fois déclaré qu’ils n’ont jamais pris la décision de quitter le MMM, mais qu’ils ont plutôt été poussés vers la porte de sortie. 

Interdit d’accès au parti depuis plusieurs mois, alors qu’il n’avait ni démissionné ni été expulsé par la direction, ce dernier a décidé de mettre un terme à une «situation intenable».

Depuis l’élection du comité central du MMM le 24 juin, lors de laquelle 21 des 23 branches de la circonscription Curepipe-Midlands avaient boycotté le scrutin. Paul Bérenger avait pris des sanctions contre le comité régional pour avoir été à l’origine de la fronde.

Deux membres de la régionale, soit Selvie Ramen et Dominique Soopramanien, se sont vus interdire d’accès lors de l’élection du bureau politique du MMM.

Stratégiquement, Paul Bérenger a organisé un nouveau comité régional parallèle du MMM dans la circonscription n° 17. Ce comité est présidé par Kumar Ramdin, un ex membre du MMM.

Il était ancien maire de Curepipe, il avait rejoint le PMSD avant de retourner chez les mauves récemment

Malgré d'ultimes tentatives pour sauver les meubles, le gourou Bérenger face à ses adeptes, clame que le MMM est plus fort que jamais et va remporter seul les prochaines élections.   
  
Sauf que la moitié de ses députés l'ont quitté et chaque semaine quelqu’un démissionne ou se met en congé politique. Cette fois-ci 104 membres lui ont donné la réplique du MMM plus fort que jamais.



 

Rédigé par E. Moris le Jeudi 9 Août 2018

Nouveau commentaire :

Règles communautaires

Nous rappelons qu’aucun commentaire profane, raciste, sexiste, homophobe, obscène, relatif à l’intolérance religieuse, à la haine ou comportant des propos incendiaires ne sera toléré. Le droit à la liberté d’expression est important, mais il doit être exercé dans les limites légales de la discussion. Tout commentaire qui ne respecte pas ces critères sera supprimé sans préavis.