Justice

Commission d’enquête sur la drogue : Sanjeev Teeluckdharry s’attaque frontalement à Paul Lam Shang Leen

Mercredi 22 Août 2018

Il a choisi d’attaquer l’homme et non le rapport !  Hier, Me Sanjeev Teeluckdharry a porté plainte à la Commission anticorruption contre l’ancien juge Paul Lam Shang Leen. Il a fait une série d’allégations, dont certaines très graves. 

Et ce matin, son avocat (et ami) Me Ravi Rutnah a écrit aux membres du Task Force instituée par le gouvernement pour coordonner les enquêtes sur les personnes mentionnées dans le rapport de la commission d’enquête sur la drogue. Dans cette lettre, Me Ravi Rutnah reprend les allégations faites par Sanjeev Teeluckdharry. 

L’ancien Deputy Speaker demande que Paul Lam Shang Leen ne jouisse pas de l’immunité accordée à tout président d’une commission d’enquête sous la constitution. Il réclame aussi que l’ancien juge soit l’objet d’une enquête de la commission anticorruption. Sanjeev Teeluckdharry soutient aussi que Paul Lam Shang Leen aurait violé le serment pris devant le président de la République lorsqu’il a accepté de présider la commission d’enquête sur la drogue. 

Le député du no 5 allègue notamment que Paul Lam Shan Leen a des liens avec une étude qui comprend des membres proches du PTr, qui ont bénéficié de l’argent sous un régime travailliste et qui ont fait campagne pour Navin Ramgoolam au No 5 aux dernières législatives. L’ancien Premier ministre était, rappelons-le, l’adversaire de Sanjeev Teeluckdharry. 

Ce dernier allègue aussi que l’ancien juge aurait représenté et ‘trahi’  Rakesh Gooljaury et Fashion Style Limited, deux anciens clients de l’ex-Deputy Speaker. Il soutient aussi que les Research Assistants de la commission d’enquête sont des membres de l’étude Law Sure, dont Paul Lam Shang Leen est un des associés. Sanjeev Teeluckdharry affirme que cette étude est un de ses compétiteurs sur la place.

Selon lui, l’ancien juge aurait utilisé la commission d’enquête pour ternir sa réputation afin de « privilégier » Law Sure Chambers.

Me Sanjeev Teeluckdharry s’étonne que Paul Lam Shang n’ait pas convoqué un avocat qui a représenté un trafiquant qui est en prison.

Pour lui, cela équivaut à un cas de conflit d’intérêt. Il évoque aussi un paiement reçu par l’ancien juge d’un montant de Rs 495 000. Pour lui, cette somme n’est pas une coïncidence car toute transaction de plus de Rs 500 000 doit être rapportée aux autorités. 

Il dit aussi ne pas comprendre pourquoi la commission n’a pas estimé utile de convoquer Navin Ramgoolam, dont une somme de Rs 220 millions a été retrouvée dans ses coffres-forts, dont une partie en devises qui n’ont jamais été en circulation. 

Soulignons que la lettre de Me Ravi Rutnah est adressée à Navin Beekarry, directeur général de la commission anticorruption, en tant que président de la Task Force.

Une copie a été envoyée aux membres du comité, c’est-à-dire le commissaire de police, le directeur général de la Mauritius Revenue Authority, le directeur de la Financial Services Commission et celui de la Financial Intelligence Unit.

Soulignons que Me Sanjeev Teeluckdharry avait envisagé au départ de contester le rapport par voie judiciaire (judicial review) avant d’abandonner cette option et de choisir une attaque frontale contre Paul Lam Shang Leen.

Rédigé par E. Moris le Mercredi 22 Août 2018

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