Menu



International

Comment Chirac, sur une plage de l'île Maurice, a eu l'idée du musée du Quai Branly


Rédigé par E. Moris le Vendredi 27 Septembre 2019

C'est au micro d'Europe 1, que le journaliste Jean-Pierre Elkabbach a levé le voile sur la genèse du musée des arts premiers voulu par Jacques Chirac. Une idée née d'une rencontre inattendue... à l'autre bout du monde et à l'île Maurice.



Depuis l'annonce du décès de l'ancien président français, à l’âge de 86 ans hier, jeudi 26 septembre, les hommages et les anecdotes sur l'homme ne manquent pas. C'est ainsi que Zinfos Moris vous a révélé que le prêtre mauricien Phillipe Goupille s'est rendu à Paris pour baptiser Martin Rey-Chirac, le petit-fils de l’ancien président de la République française et fils de Thierry Rey, champion olympique de judo et de Claude Chirac.

Ce qu'on sait moins, c'est que le musée du quai Branly à Paris, principal héritage culturel laissé par Jacques Chirac, est né d’une rencontre inattendue, sur une plage de l’océan Indien à l'île Maurice.

Témoin de cette scène, c'est sur la radio française de Europe 1 que Jean-Pierre Elkabbach, raconte comment l’amitié entre Jacques Chirac et le collectionneur Jacques Kerchache a accouché de l’un des plus grands musées du monde dédiés aux cultures et aux arts non occidentaux.

La scène se passe en 1990 où le couple Chirac passe ses vacances à l’île Maurice. Le journaliste Jean-Pierre Elkabbach et son épouse y sont également en villégiature. Lorsqu’un admirateur cherche à être présenté…"Nous étions sur une plage de l’île Maurice, dans l’océan Indien. J’étais avec Nicole Avril, mon épouse. Jacques Chirac n’était pas loin. Il lisait des livres sur la Préhistoire, il faisait des fiches, qu’il surlignait, sur la plage.

Et puis quelqu'un est arrivé vers nous. Nous étions tous en maillot.

'Vous pouvez me présenter Jacques Chirac ? Vous êtes journaliste, vous devez le connaitre.' J’hésite. Je vais voir Jacques Chirac, qui me dit : 'Foutez-moi la paix. Je suis en vacances, je ne veux voir personne !' À ce moment-là, Bernadette lui dit : 'Mais Jacques, c’est peut-être l’un des nôtres. Voyez-le.'

Je vais chercher l’inconnu. Et cette personne lui dit : 'Merci pour ce que vous faites pour la France, pour la ville de Paris. Mais je veux aussi vous remercier parce que j’ai vu dans Paris Match, sur deux pages, la photo de votre bureau, avec mon livre dessus !' Chirac lui répond : 'Non, il n’y a rien sur mon bureau.' 'Si, vous avez mon livre.'

Chirac le prend par les épaules, le secoue : 'Il n’y a pas de livre ! Il n'y en a qu'un. C’est de Jacques Kerchache, L’Art africain.' Et l’autre lui répond : 'C’est moi Kerchache.' 

Au début, ils sont disputés parce que Chirac disait vouloir un musée des arts primitifs. 'Non Jacques, un musée des art premiers !' Et peu à peu, on est allé vers ce qui est devenu le musée du quai Branly. En effaçant le dessin qu’il avait fait sur le sable, Kerchache lui avait dit : 'Pour ça, il faut que vous soyez président de la République !'"*

A noter que le musée parisien du Quai Branly-Jacques Chirac sera «accessible gratuitement pendant une dizaine de jours» pour rendre hommage à l'ancien chef de l'État à l'origine de sa création, a indiqué vendredi son président, Stéphane Martin.

* Source Europe 1

Vendredi 27 Septembre 2019

Nouveau commentaire :

Règles communautaires

Nous rappelons qu’aucun commentaire profane, raciste, sexiste, homophobe, obscène, relatif à l’intolérance religieuse, à la haine ou comportant des propos incendiaires ne sera toléré. Le droit à la liberté d’expression est important, mais il doit être exercé dans les limites légales de la discussion. Tout commentaire qui ne respecte pas ces critères sera supprimé sans préavis.