Edito de Moris

"Born again Christian"

Lundi 15 Octobre 2018

« Pour moi, tous ceux qui font partie de notre nation arc-en- ciel sont mes frères et sœurs. On peut avoir nos différences, nos traditions, notre culture, notre religion, mais nous sommes tous dans le même bateau », Pravind Jugnauth invité d'honneur, pour la première fois, à un dîner organisé par l’Assemblée de Dieu, l’église la plus importante du mouvement pentecôtiste, au Triveni, Beau-Bassin, le vendredi 5 octobre 2018.


Si la bonne foi semble être de mise, tout porte à croire que le concert spirituel sous le thème de Jésus, organisé par les pères Rivet, Véder et Grégoire brassant pas moins de 20 000 personnes, ont tapé dans l'oeil de nos hommes politiques. Quitte à les faire pâlir d'envie d'avoir pu réaliser l'exploit de mobiliser une foule aussi cosmopolite.

Si en 50 ans d’existence, les pentecôtistes ont été plus ou moins discrets, ils comptent pas moins d'une dizaines de milliers d'adeptes sur l'île et attirent de plus en plus de fidèles. Le concert évangélique a mis en lumière une communauté qui échappe aux hommes du pouvoir. Au dernier recensement qui remonte à 2010 on estime qu'il y a  68 000 pentecôtistes voir 100 000 selon l'Assemblée de Dieu. Aucun recensement communal  n'est fait sur le sujet car un certain nombre d'hindous sont chrétiens pentecôtistes. La majorité n'est donc plus majoritaire.

Lors de son discours, devant une assemblée séduite et conquise, le Premier ministre a rappelé qu’il a augmenté les subventions accordées aux religions après de longues années, d'où peut-être les yeux doux ici et là. Un portefeuille de Rs 85 millions que se partage l’église Catholique, l’église Anglicane, l’église Presbytérienne, l’église Adventiste, les hindous et les musulmans. La somme obtenue par chaque religion est calculée par rapport au nombre d’adeptes qu’elle compte au sein de la population.

Reconnue comme association, cela fait plusieurs années que les responsables des églises pentecôtistes réclament une reconnaissance officielle comme religion par l’État. Elles deviendraient ainsi éligibles à des subventions du gouvernement. La requête a été faite auprès du Premier ministre par l'intermédiaire du ministre Sinatambou, membre de la communauté. Si ils se défendent de lorgner sur l'aspect financier, il est toutefois impossible de nier que les Eglises évangéliques sont devenues une force politique à travers le monde. Influentes dans les cercles de pouvoir, elles prêchent une prospérité miraculeuse et jouent de la faillite de l’Etat pour investir le champ social. 

Le leader du parti au pouvoir a bien compris qu'il faudra brasser large pour conquérir de nouveau un électorat teinté de désillusion. Si les institutions des Églises ou les pasteurs n’ont pas à dicter un vote, ils peuvent néanmoins influencer les fidèles ou subtilement favoriser un candidat plus qu'un autre. Tout comme le font les imams ou pandits en période électorale. Un facteur indéniable dont le Premier ministre à quelques mois d'une échéance électorale ne peut que prendre en compte.

Zinfo Moris vous propose sous forme de volets, une communauté qui souhaite changer le paysage politique du pays avec des ambitions non cachées. 

Rédigé par E. Moris le Lundi 15 Octobre 2018

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