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Société

Baleines et dauphins échoués à l'île Maurice: les résultats des nécropsies ne sont toujours pas accessibles


Rédigé par E. Moris le Jeudi 22 Octobre 2020

Avec le temps tout s'efface sauf... la mémoire. Alors que le Parlement est fermé, offrant ainsi des vacances parlementaires de deux mois à nos élus, les questions d'intérêts publiques sont en attente d'explications.



Les conséquences de la marée noire provoquée par l'échouage du vraquier japonais MV Wakashio qui  s’est échoué au large du sud de l’île Maurice, déversant plus de 1000 tonnes de fioul lourd dans l’océan, continuent de faire des vagues. Le 24 août dernier, l’avant du navire Wakashio a été délibérément coulé, au mépris des avertissements de Greenpeace et d’autres organisations. 

Après le naufrage du navire, 50 baleines et dauphins se sont échoués, morts ou malades, sur des plages au Sud-Est de l’île. Depuis, au moins trois marins sont morts après que leur remorqueur ait été troué et coulé alors qu’il remorquait une barge utilisée pour récupérer le pétrole de la marée noire.

Ces récents évènements, décriés par Greenpeace et d’autres, ont provoqué une indignation sans précédent parmi les Mauriciens. Pourtant, aucune information n’a été communiquée pour confirmer ou réfuter l’existence de liens entre ces morts, la marée noire et la submersion de l’avant du navire Wakashio.
 
La Rédaction de Zinfos Moris avait dénoncé les conclusions hâtives des membres des ONG locaux, entourant le ministre de la pêche lors de sa conférence de presse du 25 août, supputant un éventuel conflits d'intérêts dans leur démarche après la découverte de dizaines de dauphins d'Electre, dont certains agonisaient quand ils ont été trouvés sur les plages du sud-est de l'île.

Quelques-uns semblaient avoir subi des blessures. Mais "Il n'y a aucune trace d'hydrocarbure sur eux ou dans leur système respiratoire", avait conclu le ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo, avant même le rapport d'autopsie.

Le vraquier MV Wakashio pointé du doigt

Rappelons que les résultats des nécropsies ne sont toujours pas accessibles. Les déclarations de la présidente de la Mauritius Marine Conservation Society, Jacqueline Sauzier, également secrétaire générale de la Chambre d'Agriculture, considérée comme une proche du pouvoir ne cessent d'interpeller. Yann von Armin, de la Mauritius Scuba Diving Association (MSDA), vice-président du Mauritius Marine Conservation Society et membre du conseil d’administration du Mauritius Museums Council, occupe pour sa part de la ferme marine de Mahébourg. 

Marée noire: pourquoi la Ferme Marine de Mahébourg n'est-elle pas soumise à une interdiction de vente?

Dauphins échoués sur la côte sud-est : Greenpeace déplore le manque de transparence des autorités mauriciennes. C'est dans un communiqué émis le 28 septembre que l'ONG environnemental précise que les médias mauriciens ont rapporté qu'un laboratoire médico-légal avait découvert des traces d’hydrocarbures d'une d’une dauphin d’Électre femelle en gestation, autopsie conduite dans le but de déterminer la cause de la mort de 50 baleines et dauphins. 

Le communiqué indique que « le gouvernement mauricien déclare que le laboratoire n'a pas divulgué ses conclusions mais ne fournit aucune information alternative ».

Happy Khambule, responsable principal de la campagne climat et énergie de Greenpeace Afrique : « Nous ne saurons jamais s’il faut tenir quelqu’un responsable de la mort de ces 50 baleines et dauphins sans informations publiques et détaillées. Au lieu de gagner du temps et d’endormir le public, les autorités mauriciennes devraient gagner sa confiance en révélant tout ce qu’elles savent».

Greenpeace Africa estime que couler le Wakashio était la pire option.

Rappelons que le 24 août, Greenpeace et l’ONG mauricienne de défense des droits humains Dis Moi ont envoyé une lettre conjointe au gouvernement de Maurice, exigeant une enquête publique et indépendante. Aucune réponse n’ayant été donnée par les autorités mauriciennes, une deuxième lettre a été envoyée le 14 septembre.

Ainsi, Vijay Naraidoo, co-directeur de Dis Moi affirme que «La plus grande catastrophe de l’histoire de notre île est gérée avec des standards de transparence douteux. Les autorités mauriciennes n’ont pas le droit de garder le silence. Au lieu de rumeurs, les détails des autopsies doivent être rendus publics, comme toutes les autres mesures prises par le Gouvernement mauricien et les agences des Nations unies sur l’île. »

 


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