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Société

Au Liban, les ministres s'excusent et démissionnent, à l'île Maurice, les hommes politiques se complaisent dans l'autosatisfaction


Rédigé par E. Moris le Dimanche 9 Août 2020



L'île Maurice sous la menace de la marée noire, fait face à la colère du peuple. Ce sont des bénévoles qui nettoient les lagons dévastés, à l'aide de leur courage et leur résilience. Fous de rage, les Mauriciens mettent en cause l'État et le chef du gouvernement pour son incompétence à gérer les situations de crise.

La Covid-19 a fait dix décès à l'île Maurice, l'île vit en 'lockdown' en refusant d'ouvrir les frontières depuis cinq mois, des drames sont vécus par des milliers de Mauriciens bloqués à l'étranger, mais selon l'interprétation de Pravind Jugnauth, sa gestion est saluée sur le plan internationale. 

"Mo ena konfians total ek mo bann minis et mo satisfe ek travay ki zot pe fer".

Depuis le 6 août, 200 tonnes de diesel et 3800 d’huile lourde s’échappent des cales du navire battant pavillon panaméen, polluant les côtes paradisiaques du petit pays. Les racines des mangliers du Vieux Grand Port et les palétuviers des mangroves trempent dans les hydrocarbures, la Rivière des Créoles luit de goudron, les sites de Falaise rouge, Bois des amourettes, Quatre Sœurs… sont également souillés. La marée noire menace même l’îlot des Aigrettes, qui abrite des espèces endémiques, comme les «zoiseaux-lunettes» et les pigeons roses lisses et le parc marin de Blue Bay, connu pour ses tortues marines. 

Au Liban, cinq jours après l'explosion meurtrière et dévastatrice du port de Beyrouth qui a traumatisé l'opinion publique et a alimenté la colère contre l'incurie des dirigeants, la ministre de l'Information libanaise, Manal Abdel Samad, a annoncé dimanche qu'elle quittait le gouvernement. 

Au Liban, les ministres s'excusent et démissionnent, à l'île Maurice, les hommes politiques se complaisent dans l'autosatisfaction
Manal Abdel Samad, ministre de l'Information, s'est « excusée auprès des Libanais ». « Nous n'avons pas pu répondre à leurs attentes ».

Ces derniers jours déjà, plusieurs députés ont démissionné, selon l'AFP. Samedi, des milliers de manifestants en colère contre la classe dirigeante, accusée de corruption, d'incompétence et de négligence après l'explosion, ont pris d'assaut un court instant des ministères et ont défilé dans le centre-ville de Beyrouth pour crier vengeance. Ils ont brandi des potences de fortune symbolisant la rage à l'égard des dirigeants.

 

Au Liban, les ministres s'excusent et démissionnent, à l'île Maurice, les hommes politiques se complaisent dans l'autosatisfaction
Démission du gouvernement et perspective des législatives anticipées. 

« La démission d'un député par-ci, d'un ministre par-là ne suffit pas », a lancé lors de son sermon dominical le cardinal Béchara Raï : « Il faut, par respect pour les sentiments des Libanais et en raison de sa gravissime responsabilité, avoir la démission du gouvernement tout entier, incapable de faire avancer le pays, et organiser des législatives anticipées, plutôt que d'avoir un Parlement qui n'exerce pas ses fonctions », a-t-il ajouté.

 

Au Liban, les ministres s'excusent et démissionnent, à l'île Maurice, les hommes politiques se complaisent dans l'autosatisfaction
L'explosion au port mardi a fait au moins 158 morts et plus de 6 000 blessés, dont au moins 120 sont dans un état critique, selon le ministère de la Santé, et 21 personnes sont toujours portées disparues.

« C'est ce qu'on peut appeler un crime contre l'humanité », a lancé le patriarche maronite, qui jouit d'une influence importante, en évoquant la tragédie du port, réclamant une « enquête internationale » afin que tous les responsables de ce « massacre » rendent des comptes. Il s'est interrogé sur les raisons de la présence « d'une quantité gigantesque de matière explosive gardée pendant six ans dans l'endroit le plus dangereux de la capitale ».

Pour tenter d'apaiser la colère de la rue, le Premier ministre contesté Hassan Diab a annoncé samedi qu'il proposerait des législatives anticipées et s'est dit prêt à rester au pouvoir « pendant deux mois », le temps que les forces politiques s'entendent. 


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