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Politique

Arvin Boolell : Il faut empêcher Maurice de devenir une République bananière


Rédigé par E. Moris le Samedi 16 Mai 2020



Le leader de l’opposition et les élus rouges ont animé une conférence de presse ce matin. D’abord, Arvin Boolell a demandé que les frontliners soient récompensés, comme au Canada et comme en France. Pour lui, si le Premier ministre l’a évoqué, c’est sur l’insistance de l’opposition. 

Il a aussi demandé une augmentation de l’allocation accordée aux personnes travaillant dans le secteur informel. « Rs 5 100 c’est peu, surtout avec une roupie qui se déprécie », a-t-il déclaré, tout en prédisant qu’à la fin de l’année, la roupie mauricienne aura perdu 24% de sa valeur. 

Arvin Boolell a sévèrement critiqué le ministre du Travail au sujet des amendements aux législations du travail. «  Callichurn avait dit que les travailleurs sont les ‘maris’. Mais là entre deux élections, on annonce 100 000 chômeurs. C’est cela l’arrogance du pouvoir », a-t-il souligné. Dans le même ordre d’idées, il a déclaré que le gouvernement, en contrepartie de l’aide aux grosses boites, entre dans l’actionnariat et insiste que les emplois doivent être préservés. 

Le leader de l’opposition a aussi annoncé que le PTr réclamera un droit de réponse pour répliquer aux attaques lancées à la télévision par diverses ministres du gouvernement cette semaine. 

Il n’est pas non plus passé par quatre chemins pour tirer à bout portant sur Ivan Collendavelloo, Maneesh Gobin, Kailesh Jugutpal et le Premier ministre. Sur les provisions du Quarantine Bill, il soutient qu’on ne peut octroyer des pouvoirs illimités à la police, qui compte des brebis galeuses en son sein. « Lorsqu’on voit ce qui s’est passé à Cité Vallijee, lorsqu’on voit qu’un détenu a été tabassé lors de son transfert de la prison centrale de Beau-Bassin à La Bastille, on ne peut accepter une trop grande concentration de pouvoirs à des personnes qui ne savent pas l’utiliser correctement », a-t-il déclaré.
 
Et d’ironiser que le ministre de la Santé aussi aura les pleins pouvoirs sous la Quarantine Act. « Si l’on s’attarde sur la définition de maladies infectieuses, même un cas d’oreillon (malade mouton) peut être considéré comme une urgence sanitaire », a-t-il lancé. 

Le cas Seenauth.

Il a déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce que le Premier ministre revienne sur ce cas lors de son summing-up. Il s’est étonné du manque d’humour du Premier ministre qui a mal pris le fait que le mot « p… » ait été utilisé à son endroit. «  C’était lors d’une de nos conversations. Et je lui ai dit que l’on m’a souvent traité de ‘p…’ mais même de termes plus gentils », a ironisé Arvin Boolell, qui a traité Kaushik Judunundun de « pyromane communal toléré par le gouvernement ». 

Enfin, Arvin Boolell a déclaré que Maurice dérive vers une dictature, car les dispositions du Quarantine Bill de l’ère coloniale ne peuvent être appliquées dans une République démocratique.

« Il faut empêcher Maurice de dériver. D’autant que le pays fait face à un manque de devises en dollars. Nous tendons vers une situation apocalyptique. Maurice pourrait être banqueroute. Je ne joue pas les prophètes de malheurs, mais on ne peut laisser que le pays soit géré comme une propriété privée », a-t-il conclut.


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