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International

[Allemagne] Wirecard AG, au coeur d'un scandale financier, entraîne l'île Maurice dans des allégations de fraude et blanchiment d'argent


Rédigé par E. Moris le Jeudi 8 Octobre 2020



Wirecard AG, une société allemande de paiements numériques, a déposé un dossier d'insolvabilité en Allemagne le 25 juin 2020. Des articles de presse allèguent qu'il y a quelques années, Wirecard AG aurait pu être liée à un cas probable de détournement impliquant l’Emerging Markets Fund ( Hermes i Tickets, GI Technology and Star Global) enregistrée à l'île Maurice et datant de 2014/2015

Le parquet soupçonne les dirigeants du groupe allemand de paiements électroniques de fraude, de manipulation de marché et de falsification de comptes.
 
De son côté, la Banque de Maurice (Bank) et la Financial Services Commission (FSC) enquêtent conjointement sur le prétendu détournement lié à Wirecard AG. L'enquête se concentrera également sur d'éventuelles transactions transfrontalières qui pourraient être liées à l'affaire.
 
La Banque et le FSC sont déterminés à mettre en évidence toute violation éventuelle des exigences réglementaires, y compris les réglementations anti-blanchiment / lutte contre le financement du terrorisme, en cas de constatation de manquements ou d'infractions.

Le préjudice, portant atteinte à la réputation du Global Business Sector mauricien est évalué à quelque Rs 15 milliards.  À ce stade, l’enquête diligentée à Maurice n’a pas encore déboucher sur des pistes probantes.

Wirecard, au coeur d'un scandale pour irrégularités comptables, a déposé le bilan après la découverte d'un trou de 1,9 milliard d'euros, soit Rs 100 milliards dans ses comptes, qui laisse ses créanciers face à une dette de 3,5 milliards d'euros.

Le scandale Wirecard a conduit à la démission de Markus Braun, soupçonné par la justice allemande d'avoir gonflé le bilan du groupe afin de le rendre plus attractif aux yeux des investisseurs et des clients.

Il a depuis été remis en liberté conditionnelle contre une caution de cinq millions d'euros. Jan Marsalek, qui fait également l'objet de soupçons, a quitté les Philippines, où se joue une partie du scandale, pour se rendre en Chine, selon le ministère philippin de la Justice.

L'opposition allemande réclame une enquête parlementaire sur l'effondrement de Wirecard et la Commission européenne a annoncé son intention de saisir l'autorité européenne de supervision des marchés financiers pour vérifier d'éventuels manquements de la BaFin, le régulateur financier allemand, sur ce dossier. 

Les enquêteurs allemands de l'affaire Wirecard parlent d'énigme mauricienne. À qui appartient le fonds portant l'abréviation EMIF 1A? Qui est derrière sa création et où sont passés les millions qui ont été transférés à cette entreprise mauricienne en 2015? 

Selon le registre des entreprises de Maurice, Emerging Markets Investment Fund 1A (EMIF 1A) a été fondé le 10 février 2015 dans la capitale Port Louis. Le bureau se trouve au cinquième étage de Barkly Wharf Le Caudan Waterfront, l'adresse de l'un des cabinets (management company) les plus réputés de l'île, qui gère des milliers d'entreprises. Les actions d'EMIF 1A sont détenues par Emerging India Fund Management Ltd, également basée à Port Louis. 

Une seule chose est sûre : quelques mois après la création d'EMIF 1A, le fonds a racheté les trois sociétés indiennes Hermes i Tickets, GI Technology et Star Global, auxquelles Wirecard s'était précédemment intéressée, pour 35 millions d'euros. 

Wirecard réapparait ensuite quatre bonnes semaines plus tard. Coût: 216 millions d'euros plus 110 millions d'intéressement. Wirecard a donc déboursé 326 millions d'euros pour une entreprise qui avait récemment changé de mains pour un peu moins d'un dixième. Au final, 315 millions d'euros ont été transférés pour cet achat.

 

Jeudi 8 Octobre 2020

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