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Société

Affaire Angus Road en suspens depuis 2008 à l'Icac


Rédigé par E. Moris le Dimanche 27 Décembre 2020



Beaucoup pensent que Pravind Jugnauth a menti ou alors a induit l’Assemblée nationale en erreur sur des acquisitions mobilières mal acquis. L’a-t-il fait ? Tout dépend si l’on en croit les informations publiées et fuitées par certains médias. Ce qui est clair, c’est qu’il s’est abrité derrière la Commission anticorruption pour ne pas dire toute la vérité ou alors ne serait-ce qu’une partie de la vérité ! 

L’affaire Angus Road prête à confusion

Il faut savoir qu’il y a deux enquêtes de l’Icac. Une enquête concerne les paiements en cash pour l’acquisition d’un terrain de 3 597 m2 au coût de Rs 7 millions. L’autre enquête concerne une transaction de Rs 20 millions, entre Alan Govinden et Patrick Rountree en Angleterre. C’est le terrain qui aurait été transféré aux noms de deux filles mineures de Pravind Jugnauth.

Tout laisse croire que c’est par le biais d’une lettre de dénonciation, anonyme, que l’Icac a initié une enquête en 2011 sur l’histoire des paiements en cash d’un montant supérieur à la limite autorisée. Selon Pravind Jugnauth au Parlement mardi, elle a ensuite été stoppée, avant d’être rouverte suite à la déposition d’Anil Nemchand, un haut cadre de Bel Air Sugar Estate. 

L’enquête a été fermée en 2014. Elle n’a été une nouvelle fois rouverte qu’après la déposition consignée par Bruneau Laurette suite à la publication des fameux reçus, c’est-à-dire le 11 novembre. 

La Private Notice Question du 3 novembre concernait le paiement de Rs 20 millions pour l’acquisition d’un terrain à Angus Road. La transaction s’est faite en Angleterre. C’est concernant cette affaire qu’une demande d’entraide judiciaire a été faite aux autorités britanniques en 2014. Et à ce sujet que l’Attorney General, en janvier 2015, juste après l’arrivée de l’Alliance Lepep au pouvoir, a indiqué que l’Icac voulait stopper toute collaboration. 

Affaire Angus Road : Pravind Jugnauth rattrapé par ses mensonges

La Prevention of Corruption Act soutient qu’une demande d’entraide judiciaire ne peut être faite que si l’enquête est à un stade avancé. Mais dans ce cas, seul le directeur des poursuites publiques peut classer une enquête. Dans le cas des Rs 20 millions, l’enquête n’a pas été classée par le DPP, mais elle est au point mort. Néanmoins, c’est sur cette base que Pravind Jugnauth a soutenu qu’il y a une enquête en cours et qu’il ne pouvait répondre à la PNQ. 

Il n’a pas menti. Il n’a pas non plus dit la vérité sur un terrain de 7 023 mètres carrés à Angus Road.

Le leader de l’opposition, Arvin Boolell, a brandi des reçus étalés sur la place publique au nom de Pravind Jugnauth, indiquant que le leader du MSM a payé des sommes chiffrées entre Rs 500 000 et Rs 1 million pour une autre transaction et un autre terrain d’Angus Road, cette fois de 3 059 mètres carrés. 

Le Premier ministre a-t-il enfreint les dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act de 2002 en ce qui concerne les montants versés en cash ? Les reçus sont faux a affirmé Pravind Jugnauth.

Pour la suite, le destin politique de Pravind Jugnauth se retrouve encore une fois entre les mains du judiciaire et la décision du DPP, mais aussi les mains du "dhobi de classe" Navin Beekharry.

Dimanche 27 Décembre 2020

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