Economie

Accord de pêche Japon-Maurice : Le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo entretien le flou

Mercredi 12 Septembre 2018

Venu ouvrir une ambassade à Port-Louis, le ministre des Affaires étrangères nippon Massahisa Sato s'est entretenu avec son homologue mauricien Vishnu Lutchmeenaraidoo, le mardi 21 août.

Maurice a proposé à l'archipel asiatique un accès à sa Zone économique exclusive (ZEE) et à ses richesses. 
"Les Japonais peuvent venir pêcher dans nos eaux. Nous avons demandé au Japon de nous aider à construire un port de pêche qui peut recevoir 18 à 20 bateaux de pêche."
C’est ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo a invité le Pays du Soleil levant dans les eaux de Maurice, en échange d’un nouveau port et d’un coup de main dans le développement de l’industrie de la pêche. 

Pour essayer de convaincre, l’argument d’une aide économique du Japon est brandi par les autorités.

Bien que la Japan International Cooperation Agency (JICA), accorde son aide à Maurice, depuis 1980, dans le secteur de la pêche, la gestion des glissements de terrain notamment à Port-Louis, le traitement des eaux usées, la protection côtière, entre autres.

Mais la crainte instinctive des militants écologistes, lorsque l'on évoque le Japon, reste le sort des baleines.  

Effrayant lorsque l’on sait que le Japon ne pêche pas que des poissons. Le pays asiatique est en effet bien connu pour ses chasses à la baleine. Plus de 350 cétacés auraient été tués depuis le début de la campagne hivernale dans l’Antarctique, sous prétexte notamment de recherche scientifique. 

Le président du syndicat des pêcheurs, Judex Ramphul, n'en démord pas « Le gouvernement se doit de protéger notre industrie locale avant d’octroyer des permis aux pêcheurs étrangers ».

La saison des baleines est de nouveau exceptionnelle, elles sillonnent nos eaux de juillet à octobre, en migrant vers le Sud du globe. La Réunion et l'île Maurice sont les rares endroits au monde où, en quelques minutes de bateau, les plaisanciers peuvent observer une baleine et se mettre à l'eau pour nager avec elles. 

Il existe deux sanctuaires dans lesquels la pêche commerciale des baleines est interdite : l’Antarctique et l’océan Indien. 

Depuis 1986, le Japon est signataire du moratoire sur la chasse de la Commission Baleinière Internationale (CBI), dont le but consiste à réguler la pêche à la baleine afin de la protéger. Cependant, le Japon plaide depuis de nombreuses années pour un assouplissement de ces lois.

Les Japonais devraient présenter une demande de reprise partielle de la chasse commerciale à la baleine lors d’une réunion de la CIB, tenue en ce moment au Brésil. 

Toutefois, rien n’est encore acté et les conditions comme le contenu de l’accord ne sont pas connus. Impossible donc de savoir si la chasse des mammifères marins est à l’ordre. 

Plusieurs associations écologistes et de pêcheurs ont déjà fait part de leur crainte. Un collectif a vu le jour : Lavwa Losean. On y retrouve également plusieurs associations, telles que le Syndicat des Pêcheurs, la coalition Arek Kokin Nou Laplaz, le parti de gauche Rezistans ek Alternativ et la Hotels and Restaurant Employees Union, des ONG, des plaisanciers et des écologistes de tout bord.

Un sit-in se tiendra ce jeudi 13 septembre, au Jardin de la Compagnie, pour tenter de décourager l’Etat d’emprunter cette voie face à un ministère des Affaires étrangères qui entretient le flou.

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Rédigé par E. Moris le Mercredi 12 Septembre 2018

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